Festival de Locarno
Un documentaire satirique sur la Suisse sort du lot
Mis à jour le 03.08.2012 2 Commentaires
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«Image Problem», le documentaire satirique de Simon Baumann et Andreas Pfiffner sort du lot à Locarno.
Présenté aujourd'hui en première mondiale au Festival du film, le long métrage traite de l'image de marque de la Suisse au travers du regard de simples citoyens. Entre rires et consternation, il ne laisse pas indifférent.
L'entrée en matière du film apparaît inoffensive: les deux réalisateurs interrogent des Suisses sur le moyen de restaurer la réputation de la Suisse. Beaucoup de personnes abordées se montrent d'abord simplement étonnées que la Suisse puisse avoir un problème d'image.
Presque sans exception, ils recommandent aux réalisateurs de filmer les montagnes ou les lacs pour redorer le blason du pays. Ce qu'ils s'empressent de faire. Mais Simon Baumann et Andreas Pfiffner ne s'arrêtent pas à ces beaux paysages; ils décalent leur caméra sur les hommes et femmes de ce pays. Le bilan devient alors désenchanté.
Un habitant de Suisse orientale saisi dans une «gardenparty» trouve regrettable qu'»Adolf» n'ait pas fini le travail. Les Noirs sont traités de «nègres» sans parler des nombreux Suisses qui désignent encore l'Europe de l'Est comme le «Bloc de l'Est», presque 25 ans après la chute du Mur.
Comparable à Moore
Le racisme de province qui est révélé dans les témoignages des citoyens est devenu le thème principal du film, a expliqué Simon Baumann devant la presse vendredi à Locarno. Xénophobie, encouragement à l'évasion fiscale, entreprises profiteuses: la Suisse aurait de bonnes raisons de demander pardon à la communauté mondiale, reconnaissent quelques-uns.
«Image Problem» a dans ses meilleures scènes la force des films de l'Américain Michael Moore (»Fahrenheit 9/11»). Mais contrairement au réalisateur américain qui s'est placé dans une pose missionnaire, les deux Suisses en choisissant une approche délibérément naïve ne se prennent pas au sérieux.
Alémanique à 100%
Le seul bémol de ce film est qu'il se limite à la Suisse alémanique et à des témoins-acteurs alémaniques. L'explication est dérisoire: «Nous ne parlons pas italien et notre français n'est pas génial», a déclaré Andreas Pfiffner.
Cette vision partielle de la Suisse est le seul point mineur d'un film sinon amusant et osé sur les dérives de notre petit pays. (ats/Newsnet)
Créé: 03.08.2012, 19h07
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La rédaction
2 Commentaires
le procédé est très criticable. il tombe dans le principal piège du journalisme: l'étroitesse de l'angle de vue de la caméra- il focalise sur des cas exceptionnels et tente d'en faire une généralité. L'auto-flagellation est la pire tare dont souffre la Suisse. la culpabilité n'est pas créatrice de solutions, surtout lorsqu'elle se base sur des "anti-préjugés", pas plus objectifs que les préjugés. Répondre
la différence entre Michael Moore et ce long métrage, c'est que l'un tente de faire du journalisme d'investigation tandis que les autres tombent dans le piège de la satire gratuite. le droit à la satire existe, mais qu'on essaye pas de la faire passer pour du journalisme. il existe de sinistres personnages ici et ailleurs, mais c'est insultant de les assimiler à la majorité. Répondre
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