Une vue de la Rade transcendée

DécryptageDans cette toile exposée au Musée d'art et d'histoire, Ferdinand Hodler stylise un paysage bien connu des Genevois.

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Tout Genevois qui se respecte devrait pouvoir identifier ce paysage, même s’il est passablement stylisé. Huile sur toile de 77 centimètres sur 150, Le lac Léman et le Mont-Blanc à l’aube représente la rade vue depuis la Rive droite. Elle est exposée au Musée d’art et d’histoire de Genève, aux côtés d’autres peintures de Ferdinand Hodler. Car l’institution possède la plus grande collection des œuvres de l’artiste d’origine suisse alémanique, qui a fait de Genève sa ville d’adoption.

Ce tableau a été réalisé juste avant la mort de Hodler, en 1918. Malade des poumons, il peint depuis son appartement du quai du Mont-Blanc, en face des Bains des Pâquis. Il exécute de nombreuses versions de ce point de vue à différents moments de la journée, en particulier au lever du jour, s’appliquant à capter les variations lumineuses.

Lac, ciel et montagne font partie des sujets de prédilection de l’artiste, comme on peut le constater au Musée d’art et d’histoire. Dans la série représentant le lac de Thoune, notamment, Hodler joue sur la symétrie des sommets et leur reflet dans l’eau. Les paysages sont pour lui l’occasion d’appliquer sa théorie du parallélisme, basée sur la répétition de motifs légèrement différents.

Un credo qui peut également s’appliquer aux figures. Dans ses toiles symbolistes, comme La Nuit ou Regard dans l’infini, la position des personnages crée un rythme qui fait écho à celui de la nature. Ses peintures d’histoire reprennent le même principe, notamment La Retraite de Marignan, où l’alignement des armes répond à celui des soldats.

Ce traitement novateur de l’être humain, qui s’éloigne du réalisme, crée souvent la polémique. Mais ce sont ces œuvres qui rendent Hodler célèbre en Suisse puis en Europe, après des débuts difficiles, et lui permettent d’intégrer le mouvement Sécession. Ses paysages, eux, n’ont jamais fait l’objet d’une exposition de son vivant.

Au cours de sa carrière, Hodler réalise en outre de nombreux portraits, qui lui permettent à la fois de gagner sa vie et de mener des expérimentations sur la figure humaine, ainsi que des autoportraits où il se livre à une introspection sans complaisance. Mais quel que soit leur genre, toutes ses toiles visent le même but: «exprimer l’élément éternel, la beauté». (TDG)

Créé: 03.07.2017, 16h10

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