La Une | Jeudi 2 octobre 2014 | Dernière mise à jour 16:20
«Koh-Lanta»

«Un médecin est la seconde victime d’un drame»

Interview: Jugurtha Aït-Ahmed. Mis à jour le 02.04.2013 1 Commentaire

Le suicide du médecin de l’émission «Koh-Lanta», qui s’estime avoir été «sali dans les médias» après le décès d’un candidat suscite sur les réseaux sociaux des réactions contrastées. Celle de Jacques de Haller passe de la colère à l'analyse.

Le Dr Jacques de Haller: «La presse ne se rend pas compte qu'elle entretient  la tension dans le public.»

Le Dr Jacques de Haller: «La presse ne se rend pas compte qu'elle entretient la tension dans le public.»
Image: DR

Jacques de Haller sur Facebook

«Ce collègue dit probablement vrai quand il raconte avoir traité le malheureux candidat de Koh-Lanta de façon responsable (on n'appelle pas tout de suite, raisonnablement, l'hélicoptère pour un malaise chez un jeune qui vient de passer un check up !), et ... oui, je suis (très) en colère contre celles et ceux qui cherchent si bêtement des coupables pour tout ce qui arrive - c'est en l'occurrence une manière de déverser ses angoisses sur une profession qui n'est évidemment pas à même de garantir ni le bonheur parfait ni l'immortalité, mais qui mérite mieux que de servir d'exutoire.»
Dr Jacques de Haller

Galerie Photos

Le lieu où est décédé le candidat de Koh Lanta

Le lieu où est décédé le candidat de Koh Lanta
Un candidat du jeu télévisé d'aventures Koh-Lanta, âgé de 25 ans, est décédé des suites d'une crise cardiaque pendant la première journée de tournage au Cambodge.

Liens

Articles en relation

Mots-clés

Signaler une erreur

Vous avez vu une erreur? Merci de nous en informer.

Partager & Commenter

Le Dr Jacques de Haller est encore en colère. Le Genevois qui a présidé aux destinées de la Fédération des médecins suisses (FMH) jusqu’en décembre 2012 l’a fait savoir sur Facebook (FB) lundi (voir encadré), quelques minutes après avoir pris connaissance de la lettre posthume du Dr Thierry Costa. «Oui, je suis (très) en colère contre celles et ceux qui cherchent si bêtement des coupables pour tout ce qui arrive», a-t-il écrit sur sa page FB.

Thierry Costa, c’est le médecin-urgentiste de «Koh-Lanta» qui s’est donné la mort au Cambodge, s’estimant «sali» par les médias, après le décès d’un candidat de 25 ans, Gérald Babin. Jacques de Haller est encore ému: «Je me suis dit qu’il a certainement craqué. On lui a dit que c’était de sa faute. Il y a eu un déballage dans la presse qu’il n’a pas supporté».

la Tribune de Genève - La presse a-t-elle joué un rôle négatif dans cette affaire ?

Jacques de Haller: Il est important de s’interroger sur l’attitude de la presse, en l’occurrence de TF1 et de la société de production. Les gens des médias ne se rendent pas compte du ‘carburant’ qu’ils utilisent pour monter les choses et la façon dont ils les montent en première page des journaux. Cela entretient une tension dans le public. Je sais que ce n’est pas fait par méchanceté. Mais s'en prendre ainsi au médecin qui a fait son travail correctement est injuste.

En tant que médecin auriez-vous eu la même attitude que le Dr Thierry Costa face au malaise de Gérald Babin ? Oui. Vu d’ici et avec ce que l’on a comme informations, il n’a pas commis d’erreur. Il a réagi de façon graduée. Le jeune homme qui est décédé des suites d’un infarctus avait 22 ans. Il venait de passer un check up. Et manifestement, ce n’était pas un ‘rat de bibliothèque’, mais un sportif relativement exercé.

Si on appelait un hélicoptère pour chaque jeune qui fait un malaise dans la rue on n’en sortirait pas. On doit pondérer nos réactions en fonction de l’éventail des possibilités et de la probabilité des choses. Une des phrases qu’un de nos professeurs nous répétait à longueur de cours c’est: «Ce qui est rare n’est pas fréquent».

On ne peut pas en tant que médecin éviter tout ce qui se passe dans ce bas monde. Surtout lorsque l’on fait son travail correctement.

Aurait-on dû prendre en charge psychologiquement le Dr Thierry Costa ?

Vous savez, avant de parler 'sparadrap', il faut réfléchir à ce qui l’a mis dans cette situation, ce qui l’a poussé à agir.

Cela dit, il faut effectivement savoir qu’un professionnel de la santé est la seconde victime d’un drame. Nous avons sorti avec la Fondation pour la Sécurité des Patients une brochure intitulée: «La seconde victime». C’est un titre extrêmement provocateur qu’il faut manier avec des pincettes. Car bien sûr, c’est sans commune mesure avec le drame lié à la mort du jeune-homme. Ou à celle d’un patient qui décède. Mais, le professionnel de santé va trainer ça pendant des semaines, des mois, voir sa vie entière. Ce n’est une consolation pour personne.

Dans ces histoires qui finissent mal, avec ou sans erreurs médicales, les soignants sont aussi très touchés. (Newsnet)

Créé: 02.04.2013, 19h04

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

1 Commentaire

Gilbert Certout

02.04.2013, 22:10 Heures
Signaler un abus

Il y a surtout derrière tout ça l'énorme business de ce genre d'émissions. Il ne faut pas toucher au veau d'or et c'est pourtant lui le seul responsable. À n'en pas douter, K-L reprendra sans aucune gêne, malgré ces deux victimes. La stupidité paye trop bien! Répondre