PEINTURE
Robert Combas se retrouve exposé à Genève avant Lyon
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Son nom constitue tout un programme. Le peintre Robert Combas est bien un homme combatif. Il suffit pour s’en persuader de voir l’hommage que lui consacre, rue des Rois, la galeriste Charlotte Moser. Dans la grande salle, il se déroule une bataille sur chaque mur.
«Je devais bien une exposition à Combas au moment où Lyon, sa ville natale, va enfin lui consacrer son Musée d’art contemporain», explique la galeriste. Entre le Français et elle, il y a en effet un long compagnonnage. «La première fois que je l’ai exposé, c’était quand je m’occupais du Manoir à Cologny. Nous étions en 1992, et il a accepté de présenter ses œuvres.» Il faut dire que Charlotte Moser connaissait l’artiste depuis 1986. «Entre lui et moi existe une vieille histoire de confiance et de respect. J’ai aussi ouvert avec lui ma première galerie, rue de l’Hôtel-de-Ville.»
Libre figuration
Robert Combas a émergé au début des années 1980. Il n’était pas seul. Avec Hervé di Rosa, François Boisrond ou Rémi Blanchard, il formait alors ce que Ben, le Ben des inscriptions sur les tableaux, appellera plus tard «La libre figuration». Il s’agissait de parler de notre société sur un rythme un peu rock. «On aime, ou on n’aime pas» admet Charlotte Moser, «mais il est impossible de dénier l’importance du mouvement.»
Vus comme ils le sont, aujourd’hui à la galerie Moser et demain au Musée d’art contemporain de Lyon, les tableaux, les dessins et affiches de Comas ressemblent à des vitraux. Des aplats de couleurs franches se voient soulignés d’épais cernes sombres. «Au départ, il n’y a sur le support que des taches colorées. C’est totalement abstrait. Combas construit ensuite son sujet avec de l’acrylique noir. Sans dessin préalable. Le tableau semble naître de lui-même.» Sans douleurs prénatales. «Combas continue à vaquer à ses occupations entre deux coups de pinceau.»
Atelier sur place
Notre homme, qui pouvait sembler au creux de la vague, revient donc en gloire à Lyon. Il va occuper trois niveaux du Musée d’art contemporain, vaisseau Art déco égaré au milieu d’une cité nouvelle imaginée en lisière du parc de la Tête d’or par l’architecte Renzo Piano. Un honneur qu’avait connu avant lui Andy Warhol. Il y aura là plus de 300 œuvres, allant des années 1970 à aujourd’hui. «Etirée sur 3000 mètres carrés l’exposition sera accompagnée à la guitare, basse et batterie par une bande-son puisée dans l’immense discothèque de l’artiste», précise le site du musée.
Signalons à ce propos que Combas restera sur place pendant deux mois, dans un atelier studio d’enregistrement. Il y créera des peintures et des clips. Une idée due aux deux commissaires de l’exposition, Thierry Raspail et Richard Leydier.
Pratique
«Hommage à Robert Combas», galerie Charlotte Moser, 15, rue des Rois, jusqu’au 2 mars. Ouvert du mercredi au vendredi de 14h à 18h, samedi de 14h à 17h. Site www.galeriemoser.ch Musée d’art contemporain de Lyon (MAC), du 24 février au 15 juillet. Site www.mac-lyon.com (TDG)
Créé: 06.02.2012, 17h05
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