Le Roman des Romands récompensé à Berne

Prix suisses de littératureL’enseignante genevoise à l’origine du prix de littérature décerné par les élèves gagne 40 000 francs. Noëlle Revaz et Frédéric Pajak sont honorés pour leur dernier ouvrage.

Fabienne Althaus-Humerose, enseignante de français au collège de Saussure, est à l'origine du Roman des Romands, un prix littéraire décerné par les élèves du secondaire.

Fabienne Althaus-Humerose, enseignante de français au collège de Saussure, est à l'origine du Roman des Romands, un prix littéraire décerné par les élèves du secondaire. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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«Pour une surprise, c’est une surprise!» s’exclame Fabienne Althaus-Humerose, d’un ton enjoué. Les raisons de sa joie? L’enseignante genevoise et instigatrice du concours littéraire Le Roman des Romands vient d’apprendre que la Confédération lui versera 40 000 francs pour la féliciter de son projet promouvant la littérature auprès des jeunes. En marge des Prix suisses de littérature – qui récompensent cette année deux Romands, Noëlle Revaz et Frédéric Pajak, quatre Alémaniques et une Tessinoise (voir ci-contre) – un Prix spécial de médiation est attribué à un projet littéraire, sans qu’il y ait de postulation. C’est cette récompense que vient de remporter Fabienne Althaus-Humerose, à l’origine du Romand des Romands, qu’elle gère grâce à un comité de bénévoles et l’implication d’enseignants et d’élèves de toute la Suisse: «Je ne connaissais même pas l’existence de ce Prix spécial, avoue l’enseignante de français au collège de Saussure. Le fait que ce soit un projet romand qui soit primé me touche tout particulièrement, car il existe énormément d’initiatives pour faire vivre la littérature, notamment en Suisse alémanique.»

Élèves alémaniques inclus

Rappelons le principe de cette version helvétique du Goncourt des lycéens: Des enseignants de français dans le secondaire (collèges la plupart du temps mais aussi ECG ou écoles de commerces) s’engagent à faire lire à leurs classes neuf livres d’auteurs romands parus l’année précédente, et ce de la rentrée de septembre à janvier. Les élèves élisent en janvier leur roman préféré. Cette année, c’est Le milieu de l’horizon du Vaudois Roland Buti, par allieurs lauréat de l’un des Prix suisses de la littérature 2014, qui a été plébiscité par les élèves. Souvent, les auteurs figurant dans la sélection se déplacent dans les classes pour rencontrer leurs jeunes lecteurs. Initié à Genève, le Roman des Romands s’est étendu dans toute la Suisse, et s’est même imposé outre-Sarine: cette année, 6 classes de cantons alémaniques (notamment Zurich, Berne et Saint-Gall) et 1 classe du Tessin ont rejoint les 22 classes romandes dans l’aventure. Une entreprise d’autant plus ambitieuse pour les non-francophones, qui lisent ces textes dans le cadre de leur cours de français…

Un «boulot monstrueux»

Pour les enseignants aussi, «le boulot est monstrueux», souligne Fabienne Althaus-Humerose: «C’est une préparation énorme et surtout unique: on ne peut pas ressortir son cours de l’année dernière, puisque la sélection d’auteurs s’actualise chaque année.» Sans compter le travail en classe: «coacher tous ces élèves, mon Dieu! Chaque année, il y a un moment où je me demande pourquoi je me lance là-dedans. Mais au final, il y a toujours plus de belles choses qui restent», assure l’enseignante.

Des projets, avec les 40 000 francs? «Pour l’instant, avec le comité, on enchaînait les séances. Maintenant, c’est sûr qu’il y aura de quoi faire une fête!» (TDG)

Créé: 02.02.2015, 17h07

Noëlle Revaz et Frédéric Pajak lauréats

Parmi les nouveaux Prix suisses de littérature, chacun doté de 25 000 francs et remis pour un ouvrage paru entre octobre 2013 et octobre 2014, figurent deux Romands: la Valaisanne Noëlle Revaz pour son roman L’infini livre (Ed. Zoé) et le Franco-suisse Frédéric Pajak, pour son récit écrit et dessiné Manifeste incertain. Vol. 3: La mort de Walter Benjamin. Ezra Pound mis en cage (Ed. Noir sur Blanc).

«Je suis très content d’être récompensé en catégorie littérature, témoigne Frédéric Pajak. Souvent, on m’associe au roman graphique, ou même à la bande dessinée, mais je ne dessine ni personnages, ni phylactères, le dessin a une relation directe avec le texte qui est littéraire.»

Ayant accouché récemment, Noëlle Revaz était injoignable hier. Son éditrice Caroline Coutau se dit ravie de voir cet ouvrage «d’une extrême intelligence et drôle» primé.

Les autres lauréats sont les Alémaniques Dorothee Elmiger, Eleonore Frey, Hanna Johansen, Guy Krneta, et la Tessinoise Claudia Quadri. La remise des prix aura lieu le 19 février à Berne. A cette occasion sera révélé le lauréat du Grand Prix suisse de littérature, remis pour l’ensemble d’une carrière littéraire. MAR.G

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