La Genève champêtre de Corot

DécryptageDans cette vue du lac depuis les Pâquis, le peintre écarte tout élément urbain.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

«Il y a un seul maître, Corot. Nous ne sommes rien en comparaison, rien.» Cette citation du peintre Claude Monet, chef de file des impressionnistes, démontre l’admiration que suscita l’artiste français Jean-Baptiste Camille Corot, auteur de cette huile sur toile de 34 centimètres sur 46. Exposé au Musée d’art et d’histoire de Genève, dans le cabinet numéro 24 de l’étage beaux-arts, Le Quai des Pâquis à Genève a été peint autour de 1842. Les Pâquis ne sont alors qu’un modeste faubourg situé à l’extérieur des murs de la cité.

Voyageant régulièrement en France, en Italie et en Suisse, la patrie de sa mère, Corot y réalise sur le motif des toiles telles que celle-ci, qu’il considère plutôt comme des études. A Genève, il fait de longs séjours chez des amis, notamment le peintre Barthélemy Menn. Ceux-ci l’invitent à participer aux expositions locales. Cela explique que le Musée d’art et d’histoire genevois possède un important ensemble d’œuvres de Corot.

L’artiste a peint plusieurs vues de Genève et ses alentours, notamment Châtelaine, Saint-Jean et Dardagny. Le Français apprécie beaucoup la région, si l’on en croit une de ses lettres: «Je m’attarde dans cette ville pleine de charme qu’est Genève. A chaque pas, je découvre des motifs charmants. Comme c’est agréable de travailler ici. Et puis, la lumière est comme je l’aime, pleine de nuances délicates.»

S’il a aussi exécuté des portraits et des nus, Corot s’est spécialisé dans le paysage. Mais à l’époque, ce genre n’est pas considéré comme noble. Pour avoir une chance d’être sélectionné aux expositions officielles, l’artiste fait de ses paysages des peintures d’histoire en les agrémentant de petits personnages, figures tirées de la mythologie ou de la Bible.

Formé à l’école néoclassique, qui s’inspire de l’art antique, il compose des vues idéalisées. Mais pour ordonnancer la nature, il se base sur des esquisses exécutées en plein air, ce qui constitue alors une nouveauté. Il peint notamment dans la forêt de Fontainebleau, au sud de Paris, avec d’autres artistes. Cette pratique, ainsi que ses délicats effets de lumière qui mettent en valeur les éléments naturels, le font considérer comme l’un des précurseurs de l’impressionnisme. (TDG)

Créé: 23.03.2017, 15h22

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

La sécurité n'est plus le souci majeur des Genevois
Plus...