La Comédie et Le Poche font saliver leurs publics

Saison 2017-2018Levée de rideau sur les deux affiches que chapeaute la Fondation d’art dramatique.

Soutenu par les artistes convoqués pour sa saison_DRÜÜÜ, Mathieu Bertholet franchit allègrement la barrière des rösti.

Soutenu par les artistes convoqués pour sa saison_DRÜÜÜ, Mathieu Bertholet franchit allègrement la barrière des rösti. Image: SAMUEL RUBIO

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L’un signera sa dernière saison, l’autre sa saison_DRÜÜÜ. A un soir d’intervalle, Hervé Loichemol, directeur en partance de La Comédie, et Mathieu Bertholet, directeur en gloire du Poche Genève, dévoilaient la semaine dernière leur programme respectif pour 2017-2018. Deux dramaturgies ont rythmé ces soirées, à la fois radicalement différentes et étrangement semblables. On regarde de plus près ces criées publiques, supervisées l’une et l’autre par la même Fondation d’art dramatique (FAD).

La faconde de Loichemol

En présence du tandem nommé à sa succession – Natacha Koutchoumov et Denis Maillefer entrent officiellement en fonction le 1er juillet prochain –, mais seul en scène, c’est un Hervé Loichemol ému et emphatique qui a entonné l’ultime couplet de son chant sexennal. De celles qui recherchent la résonance, sa faconde s’est délayée sur une heure et demie, ponctuée des rires de l’artiste qu’on sentait arrimés à la vaillance de l’administrateur. On prend du reste la mesure de la droiture intellectuelle de celui qui cumule ces deux fonctions en parcourant le bref bilan qu’il publie sous l’égide de La Comédie, Reprise.

Avant de «rejoindre cet invisible si peu valorisé par le monde moderne», Loichemol passe en revue les 15 spectacles qui composent son affiche de saison en forme de mains se serrant les coudes. Et qui marquent la transition entre sa fin de règne et l’entrée dans l’arène du duo nommé en février dernier.

Trois reprises mettront à l’honneur des productions passées, dont la noble Cassandre qui voit le locataire des lieux marier Fanny Ardant avec la musique de Michael Jarrell. De facture solide quoique confidentielle, six accueils occuperont le gros de l’automne: on y retrouve la signature du complice Denis Guénoun, avec Soulever la politique, la présence de dix F(l)ammes immigrées embrasant les quartiers populaires sous la houlette d’Ahmed Madani, ainsi qu’une version de La dernière bande de Samuel Beckett par l’ancien directeur de la Schaubühne berlinoise, le géant Peter Stein, avec la star des tréteaux parisiens Jacques Weber en Krapp au nez rouge.

Les rendez-vous les plus marquants de l’année correspondront sans doute avec les propositions locales. A savoir les créations, par Yvan Rihs, d’un Défaut de fabrication signé Jérôme Richer, puis par Joan Mompart du Mariage de Figaro de Beaumarchais. Egalement de provenance romande, on verra le monologue dû à Fabrice Melquiot, Le Poisson combattant, dans la bouche de Robert Bouvier en mai prochain. Tandis qu’en avril, c’est une pièce créée en 2016 à Vidy, Luxe, Calme qui, sous la plume de Mathieu Bertholet, viendra remplacer le «volupté» de Baudelaire par la mort que lui inspirent les palaces de la Riviera suisse.

La performance de Bertholet

Ce spectacle de son cru, le maître du Poche y invite en cadeau bonus les abonnés à sa propre saison théâtrale. Sur ses terres, on n’assiste pas plus à ses mises en scène qu’on n’y entend ses textes: sa version du 4.48 Psychose de Sarah Kane, c’est sous la bannière de La Bâtie qu’elle s’y donnera. En revanche, sa verve se déversait jeudi en trombes au cœur de la Vieille Ville, dans un débit de cataracte. A en juger par les applaudissements en fin de présentation, on aurait tort de se passer de ses performances aux accents macroniens.

Après Unes et D’Eux, voici donc DRÜÜÜ. A prononcer comme il se doit avec l’accent schwyzerdütsch, puisque le Valaisan aux commandes ose, cette année, la goûteuse transgression du Röstigraben, en faisant notamment résonner la prose zurichoise de Katja Brunner. Pour divulguer son menu, le Cicéron a fait monter une ribambelle de ses artistes sur le plateau, où ils l’ont encadré sans toutefois piper mot. Y compris la nouvelle dramaturge à demeure, la polyglotte Marina Skalova, à qui Pauline Peyrade cède la place.

A l’image de son discours, c’est toute sa programmation qui se comprime, avec 11 titres contre 8 pour la saison qui s’achève. Soit les deux Sloops Murmures et Machines du réel – ces structures légères à trois ou quatre éléments, qu’articule une scénographie unique et que porte un même collectif de comédiens –, ainsi que les deux Cargos Bois impériaux et Change l’état d’agrégation de ton chagrin… – ces productions usuelles d’un seul tenant. Qu’ils émanent d’auteurs français (Philippe Malone), allemand (Wolfram Höll), québécois (Martin Bellemare) ou romand (Antoinette Rychner), les dialogues seront tous garantis moins de cinq ans d’âge. Quant à leurs ordonnateurs, certains reviennent en terrain conquis, tels que Guillaume Béguin, Armand Deladoëy ou Fabrice Gorgerat. D’autres, comme Régis Duqué, Selma Alaoui ou Pascale Güdel tenteront une première incursion. Enfin le valeureux Joan Mompart fera le trait d’union avec La Comédie.

La Comédie Programme complet sur www.comedie.ch,
Le Poche Prog. complet sur www.poche---gve.ch

(TDG)

Créé: 16.05.2017, 10h38

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