L’artiste Pascale Favre invite ses pairs à s’exposer dans son laboratoire

ExpositionEn passeuse passionnée, la plasticienne privilégie la création participative à sa propre visibilité artistique.

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Pour un artiste, la visibilité est un bien précieux, parfois inaccessible, souvent un chemin semé d’embûches. Aussi, plutôt que subir l’adversité, quand bien même elle est «ultracomblée» par son propre travail, la battante Genevoise, Pascale Favre, a préféré l’initiative. Celle de faire de son atelier commun, à la rue Charles-Humbert 9, un espace d’expositions et d’expérimentations. CH9 est né en 2013 de la volonté de trois personnalités volontaires.

Il y a d’abord l’historienne d’art et plasticienne Isabelle Papaloïzos et Thomas Schunke, artiste à qui le local de quelque 200 m2 avait été proposé pour la préparation d’une exposition. Et pour une durée extrêmement limitée.

Créer des passerelles

Pascale Favre les rejoint, animée qu’elle est par les rencontres, celles qui permettent d’avancer. Elle avoue d’ailleurs une attirance prononcée pour l’associatif, celui qui rassemble les énergies et crée des passerelles: «J’ai toujours besoin d’un équilibre. Comme à la base je travaille sur des sujets plus introspectifs comme le dessin et l’écriture, j’ai besoin de développer parallèlement des expériences de collaborations. Ça ne fait que s’amplifier avec le temps.»

Diplômée en architecture d’intérieur et en arts visuels, adepte de l’écriture tout en jouant de la musique baroque et expérimentale, Pascale Favre est également enseignante à temps partiel dans une classe préparatoire en art et design au CFPAA. Exposant trois à quatre fois l’an, elle se définit comme une personne qui fait des installations à partir de matériaux multiples où le dessin, l’écriture et ses autres pratiques peuvent s’intégrer.

Atelier et lieu d’exposition

Alors qu’elle pourrait s’en tenir là dans ses activités, Pascale Favre a encore besoin d’apprendre avec les autres. CH9 lui autorise cette double vie. A la fois atelier et zone d’exposition, cet espace est assez exceptionnel de par sa surface et sa situation dans Genève. A deux pas du Quartier des Bains et de ses célèbres Nuits contemporaines. C’est un lieu d’expérimentation et d’invitation. Il se veut espace convivial et de cohabitation de personnes aux pratiques artistiques différentes: «On le voit vraiment comme un laboratoire d’art contemporain.»

Autogéré, CH9 n’est ni une institution soutenue financièrement, ni une galerie commerciale. Les artistes se prennent en main pour monter une expo, et le trio ne demande aucune commission sur les ventes éventuelles.

Ce plaisir du pur partage s’est déjà concrétisé par trois expos «en progrès»: la première avec 22 artistes, la deuxième avec 31 et la troisième 35, majoritairement des femmes: «Comme cela n’arrive pas souvent, c’est important de le dire!» Ont suivi deux autres expositions collectives, en 2014, avant la prochaine Connexion-Reconnexion-Déconnexion, vernie le 18 décembre prochain, à 18h.

Situation provisoire?

Toute brillante qu’elle soit, cette médaille a hélas un revers. Celui de devoir quitter les lieux dans un délai très court. Les occupants s’y préparent, avec des alternatives où CH9 pourrait poursuivre sa route en caravane. Son concept pourrait aussi s’exporter à l’étranger. Avec toujours cette priorité de créer des ouvertures, des liens, des connexions: «Entrevoir l’art de cette manière est une vision politique», souligne-t-elle en citant Thomas Schunke.

L’avenir est toutefois regardé avec espoir. Raison pour laquelle CH9 a sollicité pour la première fois une bourse au Fonds cantonal d’art contemporain, qui alloue annuellement un montant de 50 000 francs aux espaces indépendants. CH9 n’est en effet pas le seul de ces lieux à créer de la visibilité. Plus de 35 collectifs artistiques coexistent à Genève. Regroupés autour d’une équipe de coordinateurs, ils font entendre leurs voix. On pourra s’en rendre compte du 26 au 28 juin 2015, période durant laquelle la plaine de Plainpalais accueillera la Biennale des espaces indépendants de Genève (BIG).

Connexion-Déconnexion-Reconnexion CH9, rue Charles-Humbert 9, exposition dès le 18 décembre dès 18 h, www.pascalefavre.ch (TDG)

Créé: 20.11.2014, 16h00

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