«Gérer l’Alhambra, j’en trépigne d’impatience!»

MusiqueKarin Strescher coordonnera l’agenda de la salle rénovée, en lien avec les associations usagères du lieu

Tandis que les travaux de l’Alhambra touchent à leur fin (ici le plafond peint par l’artiste genevoise Carmen Perrin), la coordinatrice du lieu a été nommée.

Tandis que les travaux de l’Alhambra touchent à leur fin (ici le plafond peint par l’artiste genevoise Carmen Perrin), la coordinatrice du lieu a été nommée. Image: Olivier Vogelsang

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Cette fois, ça y est! L’équipe de coordination de l’Alhambra a été nommée. Après des années de tergiversations sur le devenir de cette salle centenaire, les choses se précisent. Alors que les travaux de rénovation avancent et que l’inauguration est prévue pour juin, on sait désormais qui va s’occuper de la gestion du lieu. Il s’agit de l’Association des utilisateurs de l’Alhambra (AdUdA), qui compte bon nombre d’usagers historiques fédérés autour de la musique.

On y trouve notamment l’Association pour l’AMR, l’ASMV (Chat Noir, Voix de Fête), les Ateliers d’ethnomusicologie, PTR, Eklekto, Prestige Artists, les festivals La Bâtie, Archipel, Electron, et le Fanfareduloup Orchestra. «Cela représente une grande victoire pour le milieu associatif musical et une reconnaissance de son travail, se réjouit Sandro Rossetti, président de l’AdUdA. Nous suivons le projet de l’Alhambra depuis vingt-cinq ans!»

C’est Karin Strescher, très active dans le milieu culturel genevois, que l’AdUdA a proposé pour coordonner l’Alhambra. «Afin d’avoir davantage de poids et d’établir un bon réseau, nous avons lancé un appel à tous les acteurs musicaux de la place», rapporte-t-elle. Ancienne de l’Usine, programmatrice puis administratrice à PTR, elle a travaillé dans le domaine de la communication culturelle, notamment pour le Teatro Malandro, le Grütli ou le Forum Meyrin. Sans compter ses quinze ans au sein d’un groupe de rock baptisé Last Torridas!

Des épaules assez larges

Et l’Alhambra dans tout ça? Karin Strescher le connaît fort bien. En 2006 déjà, elle consacre son mémoire de diplôme en gestion culturelle à l’avenir du lieu. En 2011, elle est mandatée comme experte externe sur l’avancée des travaux. «Lorsqu’il a été question d’un appel à candidature, cela s’est fait naturellement», se souvient-elle. Une très bonne idée, puisque son concours a été déterminant. «Nous avons eu un coup de cœur pour Karin Strescher, raconte Dominique Berlie, conseiller culturel à la Ville. Nous nous sommes dit qu’elle avait les épaules assez larges pour relever le défi.»

Sur six candidatures, deux ont été auditionnées devant une commission: celle de l’AdUdA et celle de l’association ZIC Zag Zoug de Patrick Merz, ancien de l’ASMV. La commission comptait les responsables du Service administratif de l’Alhambra et de la Promotion culturelle ainsi que Dominique Berlie. Cyrille Schnyder, responsable du Service culturel d’Onex, et Jakob Graf, programmateur de Musiques en été, en faisaient également partie. «Sur un dossier aussi sensible et ambitieux, dont il est question depuis un petit moment, nous souhaitions aussi avoir des avis extérieurs, explique Dominique Berlie. Il ne fallait pas se tromper!»

Ont été retenus les deux dossiers qui correspondaient le mieux aux demandes de la Ville. En particulier l’exigence d’être bien implanté dans le tissu culturel genevois. «Il s’agira de faire le grand écart entre les demandes des usagers habituels, et l’apport d’une curiosité pour les scènes actuelles», complète le conseiller culturel. Les nouvelles installations techniques contribueront à cette diversité. «On peut désormais créer des configurations très différentes et accueillir à l’Alhambra autant de la musique que du cinéma, de la comédie musicale, du café-théâtre ou de l’opéra!» se réjouit Sandro Rossetti.

Donner une âme au lieu

Les membres de l’association auront certes la possibilité d’organiser des concerts dans la nouvelle salle. Mais ils ne constitueront a priori qu’un gros tiers du programme. Le reste sera ouvert à des personnes extérieures. «Il faut que tout le monde puisse venir, s’exclame Sandro Rossetti. A nous de donner envie aux gens de redécouvrir cette salle, et de montrer tout ce qu’il est possible d’y faire.» Quant à la coordinatrice, elle sera chargée de gérer l’agenda, de répondre aux sollicitations, de faire l’arbitrage entre les différents projets, de mettre au point la communication. «Et de donner une âme à ce lieu, en étroite collaboration avec l’Alhambar», insiste Dominique Berlie. Un bilan sera tiré au bout de quatre ans avec l’ensemble des acteurs.

Mais pour l’instant, nos trois interlocuteurs soulignent qu’on en est au stade de la réflexion. Les modalités restent encore à fixer. Sans trop tarder cependant, car l’inauguration de la salle se fera dans le cadre de la prochaine Fête de la musique. Et la saison débutera en septembre. «Il y aura une période de découverte et d’expérimentation pour tout le monde, précise Dominique Berlie. Il sera intéressant de voir comment cette nouvelle salle va évoluer et prendre sa place dans le paysage musical genevois.» C’est justement l’aspect innovant qui enthousiasme Karin Strescher: «Le challenge d’une année zéro me plaît énormément. Nous nous réjouissons tous d’enrichir ce magnifique écrin à l’acoustique merveilleuse, avec de bons moyens et une belle capacité d’accueil. J’en trépigne d’impatience!» (TDG)

Créé: 13.02.2015, 20h22

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