La première séance Netflix chahutée à Cannes

Festival de CannesDu vent dans les palmes

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Lorsque le logo de Netflix apparaît sur l’écran géant du Grand Théâtre Lumière, les sifflets s’invitent à leur tour. Avec la polémique installée depuis quelques jours, le géant du téléchargement payant a désormais mauvaise presse à Cannes et passe pour un arrogant et vilain petit canard refusant de se conformer au jeu. C’est sans doute pour éviter que les choses ne s’enveniment trop que le Festival a programmé dès le début les deux titres estampillés Netflix. A commencer par cet Okja du Coréen Bong Joon Ho attendu comme une Palme possible, même si le président Almodóvar a laissé entendre que primer un film sans qu’il soit destiné aux grands écrans posait problème.

Sans surprise, la séance est chahutée. Mais pas pour les raisons qu’on peut supposer. Durant les dix premières minutes, les huées ne s’arrêtent pas. En cause un problème technique, une projection en mauvais format, qui a pour effet de tronquer la partie supérieure de l’image. Alors, la projection s’arrête, la salle se rallume et on redémarre dix minutes plus tard avec le bon format, pendant que le Festival se fend d’un communiqué pour s’excuser de cet incident uniquement dû aux services techniques. Quant au film, il sera plutôt bien accueilli. Okja, c’est le nom d’un monstre, en réalité d’un énorme porcelet mutant auquel une petite fille, Mija, s’est attachée du haut de ses montagnes de Corée du Sud. Sa tranquillité se fissure lorsqu’une multinationale capture l’animal et que Mija se lance dans une opération de sauvetage, partant à l’assaut d’horribles groupes capitalistes. La charge est appuyée, le totalitarisme consumériste passablement dénoncé, mais absorbé par l’aspect conte mâtiné d’action que le genre impose. Cette production américaine est in fine plus proche du film à stars – Tilda Swinton, qui coproduit, Jake Gyllenhaal, Paul Dano, sans oublier Steven Yeun de la série Walking Dead – que du cinéma d’auteur qu’il prétend aussi représenter. Pour faire simple, il y a déjà plus fort en compétition 2017, et c’est la veille qu’on a pu le découvrir avec l’éblouissant film du Russe Andrei Zvyagintsev.

Ce Faute d’amour qui nous a laissés sur le carreau, transis d’émotion. Quête d’un enfant qui a disparu, qui a fugué parce que ses parents, séparés, ni ne l’aimaient ni ne s’aimaient, et qu’il a préféré aller voir ailleurs. Ce drame anodin se mue en enquête, épousant les contours d’une mise en scène où l’affect sublime la démonstration. Un film à l’estomac, âpre et désenchanté, à la fois lisible et flou. Et un titre qui se profile déjà comme un sérieux candidat à la palme. (TDG)

Créé: 19.05.2017, 15h57

Pascal Gavillet, rubrique culture

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