Documentaire sur l’ami nyonnais des plus grands du jazz

Nyon«Jazz: The only way of life», documentaire projeté dimanche à Vision du réel, retrace le parcours du discret Jacques Muyal, ingénieur retraité et intime des sommités du jazz.

Jacques Muyal conserve tous les disques qu’il possède depuis son adolescence.

Jacques Muyal conserve tous les disques qu’il possède depuis son adolescence. Image: CHRISTIAN BRUN

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«Il est le seul musicien de jazz qui ne joue d’aucun instrument.» Dans sa biographie, Paquito D’Rivera, artiste cubain exilé aux Etats-Unis et couvert de Grammy Awards, résume parfaitement le feu sacré qui anime Jacques Muyal, né il y a 76 ans à Tanger et passionné de musique improvisée américaine depuis plus de soixante ans.

Dans le salon de son appartement situé au bord du Léman, véritable musée du jazz, les portraits des vedettes du genre sont affichés en bonne place sur les murs et épousent des bibliothèques remplies de disques et de DVD. A côté, son bureau, dans lequel se côtoient harmonieusement une batterie et des appareils électroniques en tout genre, a des allures de studio d’enregistrement. Et pour cause: Jacques Muyal, aujourd’hui producteur, a dédié sa vie à la musique et a fréquenté les monstres sacrés du jazz, dont certains sont devenus ses amis proches.

Ce parcours extraordinaire a suscité la curiosité du réalisateur neuchâtelois Jacques Matthey. Il raconte le personnage de Jacques Muyal dans son documentaire Jazz: The Only Way of Life, au travers d’images d’archives et d’interviews d’artistes lui rendant hommage. En complément, des extraits de films exclusifs tournés par le Nyonnais dévoilent l’intimité des étoiles du jazz, dont celle de son grand ami trompettiste Dizzy Gillespie (1917-1993).

Jeune animateur radio

«Mon grand frère, qui avait cinq ans de plus que moi, était parti à Paris pour étudier lorsqu’il avait 16 ans, se souvient Jacques Muyal. Il me ramenait des disques. Le premier était un 78 tours de Dizzy Gillespie.» Et de poursuivre: «J’ai aussi découvert le jazz au début de mon adolescence, dans les années 50, avec une émission de radio diffusée sur la chaîne Voice of America.» Ce programme radiophonique est une révélation pour Jacques Muyal qui quitte alors à peine l’enfance. Il dévore les morceaux diffusés sur les ondes et rejoint dans la foulée un groupe de passionnés.

Parmi les aficionados qu’il fréquente se trouve le célèbre producteur de jazz André Francis, qui animait alors une émission musicale sur Radio Tanger International. «A l’époque, c’était ce qu’on appelle une radio libre, donc pas contrôlée par l’Etat, explique Jacques Muyal. Un beau jour, André m’annonce qu’il a décidé de rentrer en France et me propose de reprendre son émission de jazz. Je n’avais que 15 ans!» Avec le consentement de ses parents, l’adolescent n’hésite pas et prend place derrière le micro. «Grâce à ce poste, j’ai pu rencontrer mes mentors, des artistes ou des producteurs qui passaient par Tanger lors de tournées.»

Une carrière artistique? «Pas sérieux!»

Mais pas question pour le père de Jacques Muyal que son fils fasse une carrière artistique: «Il fallait être sérieux», dit-il simplement. Une fois son bac en poche, le fan de jazz part à Paris pour suivre un cursus scientifique. Arrivé dans la capitale, Jacques Muyal est vite plus intéressé par les clubs de jazz que par ses études. Il décide, notamment pour s’éloigner de ses tentations, de rejoindre l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) où il finira son éducation.

Son diplôme en poche et conjointement à son métier d’ingénieur, Jacques Muyal fréquente les boîtes de jazz et profite de ses voyages d’affaires pour rejoindre ses amis musiciens aux quatre coins du monde. «Pendant des années, je décollais de Genève au moins une fois par semaine, raconte-il. Mais tout se paie, y compris l’absence en famille.» Les années ont passé mais la passion est intacte, le septuagénaire voyage toujours pour écouter du jazz. «C’est une belle musique, si on ne la trahit pas», conclut-il. (TDG)

Créé: 21.04.2017, 09h09

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