SCULPTURE
Strasbourg rend hommage au gothique Nicolas de Leyde
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On ne sait pas grand-chose sur lui. De Nicolas de Leyde, ou Niclaus Gerhaert, les historiens n’ont pu reconstituer que les onze dernières années de la vie. L’artiste apparaît à Trèves en 1462. Il s’agit déjà d’un maître. Le sculpteur y signe un monument. Selon l’habitude nordique, l’homme appose au moins ses initiales, contrairement aux mœurs latines. Autant dire qu’il se révèle plus facile à cerner matériellement.
Nicolas de Leyde travaille ensuite quelques années à Strasbourg, qui restera une «ville d’Empire» jusqu’en 1681. Il en acquiert même la bourgeoisie. Un passage obligé pour pouvoir y œuvrer, surtout à la tête d’un atelier. Le nombre de sculptures portant sa griffe (et il s’en est perdu beaucoup…) semble en effet trop important pour sortir d’une seule main, même hyperactive.
Enormes moulages
C’est la raison pour laquelle le Musée de l’Œuvre de la cathédrale, installé en 1931 dans l’immense maison Renaissance construite par cette organisation, a décidé de consacrer une exposition à Nicolas. Une entreprise difficile. Presque impossible. Il était d’emblée clair qu’on ne déplacerait pas le tombeau impérial de Vienne, où l’artiste, appelé par Frédéric III, est mort en 1473…
Le rez-de-chaussée, qui slalome à travers les statues enlevées aux façades de la cathédrale, s’avère ainsi décevant. A part quelques têtes et les documents d’archives, il n’y a là que des photos (sous forme de diaporama) ou des moulages. Mais il faut tenir compte de la taille et de la fragilité des pièces. Taillé dans un monolithe, le «Crucifix» de Baden-Baden mesure ainsi quatre mètres et demi de haut!
Un étage plus intime
Plus intime, l’étage réserve de bonnes surprises et de spectaculaires réunions. Les quatre bustes de saintes, en bois, sont ainsi les quatre là. L’un vient de Chicago. Deux autres de Boston. Le quatrième est une empreinte de plâtre, prise dans les années 1860. Personne ne sait où a passé l’original depuis.
Soyons justes! L’exposition tourne beaucoup autour du sujet. C’est toute la sculpture strasbourgeoise des années 1460-1470 qui se voit en réalité conviée, comme le musée avait naguère organisé une exposition sur la peinture alsacienne de la même époque. Bruxelles, Francfort et Berlin ont été généreux, même si la capitale allemande a refusé pour des motifs de conservation le célèbre «Vierge de Dangolsheim» de Nicolas. Le parcours se termine avec les héritiers, souvent germaniques, du novateur. Il y a notamment là un incroyable «Crucifix» miniature en buis de Veit Stoss, provenant d’une collection privée suisse…
Pratique
«Nicolas de Leyde», Musée de l’Œuvre de la cathédrale, 3, place du Château, Strasbourg. Tél. 00333 88?52?50?00, site www.musees.strasbourg.eu Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h.
(TDG)Créé: 04.06.2012, 11h11
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