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LES EXPOSITIONS DE L’ÉTÉ (9)

Nîmes rend cet été hommage à Natoire dessinateur

Par Etienne Dumont/Nîmes . Mis à jour le 09.08.2012

Une centaine de feuilles sont présentées au Musée des beaux-arts. Elles refont l’itinéraire d’un beau peintre né dans la ville en 1700.

Le Ponte Rotto de Rome, vu par Natoire en 1766. Le premier plan est de fantaisie.

Le Ponte Rotto de Rome, vu par Natoire en 1766. Le premier plan est de fantaisie.
Image: DR

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Il faut trouver le bâtiment. Le Musée des beaux-arts de Nîmes se niche en effet près de la gare, loin du centre historique. Il occupe un bâtiment Napoléon III, fort peu visité. Il faut dire que la ville s’est lancée dans le contemporain à grands frais avec le Carré d’Art, construit par Norman Foster, au temps où Jean Bousquet, le créateur de la marque Cacharel, jouait les maires mégalomanes. Tout a très mal fini. En prison. Le Carré n’en demeure pas moins un centre culturel important.

C’est donc le Musée des beaux-arts qui présente cet été Charles-Joseph Natoire, le peintre des grâces rococo. Pourquoi Nîmes? Parce que l’homme y est né en 1700. Grand Prix de peinture à 21?ans, reçu à l’Académie en 1734, professeur en 1737, il fera une superbe carrière à Paris. On rapproche volontiers l’homme de son rival François Boucher, né en 1703. Bien des choses les séparent pourtant. Il subsiste une ambition très traditionnelle chez Natoire. Pieux, il travaille pour l’Eglise. Sage, il réalise beaucoup de tableaux d’histoire, parfois immenses.

Un énorme livre

C’est cependant l’œuvre dessiné qui a retenu Nîmes, qui conserve par ailleurs, dans son hall, les cartons colossaux pour une «Histoire de Cléopâtre», destinée à la tapisserie. Natoire a énormément dessiné. Il a reproduit l’Antique et des tableaux alors modernes. Il a observé le modèle. Il s’est intéressé au paysage. Il a enfin livré d’innombrables esquisses pour ses tableaux à venir.

L’exposition, qui regroupe environ 90 feuilles, est due à Susanna Caviglia-Brunel. Rien là que de logique! La dame travaille depuis plus d’une dizaine d’années sur Natoire. Elle vient ainsi de livrer sa somme. Sa remarquable monographie, parue chez Arthéna, ne comporte pas moins de 582 pages. Il y a là 1281 illustrations. On ne peut guère faire plus. Fort lourd et fort cher, l’ouvrage sert donc de catalogue à la manifestation nîmoise.

Collaboration du Louvre

L’auteur le laisse bien entendre. Une centaine de dessins de Natoire lasse bien moins que ne le ferait une centaine de ses toiles. L’artiste s’assagit considérablement au moment de prendre le pinceau. Ses figures deviennent un peu stéréotypées. La couleur sent parfois la bonbonnière, même lorsqu’il s’agit de peindre la mâle «Histoire Clovis».

Rien de tel avec les dessins, étonnamment variés. Le Louvre, qui participe à l’entreprise a beaucoup prêté. D’autres feuilles sortent d’institutions françaises. Elles se trouvent rarement chez des particuliers. Le plus spectaculaire du fonds vient cependant de près. Il s’agit des œuvres confiées par le Musée Atger de Montpellier, qui dépend curieusement de la Faculté de médecine.

Paysages de fantaisie

L’exposition procède par thèmes. Une large place est faite au paysage aquarellé, plus ou moins réaliste. Un genre dans lequel Natoire a excellé à Rome dès les années 1750. L’homme y a en effet été nommé directeur de l’Académie de France. Son plafond pour Saint-Louis des Français, dans la Ville éternelle, a moyennement séduit. Il faut dire que le Nîmois, ignorant le travail de la fresque, avait dû utiliser les services d’un praticien. Sagement, Natoire se consacra ensuite à ses pupilles, tout en se focalisant sur son œuvre graphique. Il avait conscience d’avoir passé de mode.

Ce célibataire ne reviendra jamais en France, où on l’avait oublié. Il vivra dans sa petite maison du Palatin. Puis il mourra en 1777 à Castel Gandolfo, là où vivent aujourd’hui les papes. Il s’agit aujourd’hui à nouveau d’une vedette. Alors même que le XVIIIe siècle français connaît une crise commerciale, ses dessins restent appréciés et chers. Et cela se comprend!

Pratique

«Charles-Joseph Natoire», Musée des beaux-arts, rue Cité-Foulc, Nîmes, jusqu’au 16 septembre. Tél. 00334 66?28?18?32, site www.nimes.fr Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h. Le Natoire de Susanna Caviglia-Brunel a paru chez Arthéna, 582 pages.

(TDG)

Créé: 09.08.2012, 10h47

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