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SCULPTURE

Londres expose les plus beaux bronzes du monde

Par Etienne Dumont/ Londres . Mis à jour le 22.10.2012 2 Commentaires

La Royal Academy propose un parcours plus thématique que chronologique. Les œuvres vont de 4500 ans av. J.-C. à aujourd’hui.

Le «Satyre dansant» qui ouvre l’exposition. Il a toute une salle pour lui.

Le «Satyre dansant» qui ouvre l’exposition. Il a toute une salle pour lui.
Image: AFP

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Au milieu de la rotonde, un satyre danse dans le noir, éclairé par une armée de projecteurs. Il a toute la place pour lui. Haute de deux mètres, veuve d’une jambe et de deux bras, la statue grecque, exécutée entre 350 et 300 av. J.-C., reste seule. Rien ne vient déranger l’œil du visiteur, qui tourne autour d’elle au premier étage de la Royal Academy.

Mais ce n’est après tout là que justice! Non seulement l’œuvre, trouvée par des pêcheurs au large de la Sicile en 1998, est admirable, mais elle a donné son nom au Museo del Satiro à Mazara del Vallo. L’invitation londonienne a beau sembler prestigieuse. Il fallait du courage à ses conservateurs pour se dessaisir pendant trois mois de leur chef-d’œuvre.

Objets quotidiens

Tout se révèle de la même qualité dans l’exposition «Bronze», que propose l’institution britannique jusqu’au début décembre. Cecilia Treves et David Ekserdjian, les deux commissaires, ont voulu réunir ce que cette matière a permis de plus beau. Le parcours part de 4500 av. J.-C., avec de mystérieux objets trouvés dans le désert israélien. Il se termine avec aujourd’hui en compagnie d’une pièce abstraite de Tony Cragg, «Points de vue».

Les choses se révèlent en fait plus complexes que ça. L’itinéraire, où l’éclairage fait donc surgir les œuvres de l’obscurité, n’est ni chronologique, ni géographique. Il apparaît thématique. Les différentes pièces se voient regroupées par affinités. Aux figures isolées succèdent les animaux, puis les groupes. Les ustensiles du quotidien, de la Chine archaïque au Moyen âge occidental, se devaient d’avoir leur place. L’exposition se termine avec les «reliefs», les «dieux» et les «têtes». Le visiteur échappe de justesse aux pièces de monnaie.

Fabuleux prêts florentins

Outre la matière, expliquée dans une section didactique, c’est donc la qualité des œuvres qui fait le lien. Prenons l’exemple de Florence, qui figure parmi les gros prêteurs. La cité toscane n’a pas hésité à envoyer la «Chimère d’Arezzo», le plus célèbre bronze étrusque, les figures de Giovan Francesco Rustici ornant le Baptistère, un Ghiberti arraché à Orsanmichele ou le «Porcellino», son légendaire sanglier. Le «Persée» de Benvenuto Cellini est l’unique copie (ancienne) présentée. Florence n’a tout de même pas voulu s’en priver!

L’Orient et l’Afrique (il n’existe pas de bronzes précolombiens) ont été tout aussi généreux. Difficile de faire autrement sans perdre la face! Il fallait un grand bronze indien de l’époque chola (vers l’an mille) ou quelques-unes des plus beaux récipients chinois de la dynastie Shang (vers 1300 av. J.-C.). Il s’agit là de sommets à la fois artistiques et techniques. Toutes les pièces ne sont pas de grande taille. Certaines jouent au contraire sur la virtuosité de leur ciselure.

Rencontres de reines

Rodin, Matisse, Henry Moore, ou Anish Kapoor, il fallait aussi prouver que l’aventure n’est pas terminée. Le bronze garde son prestige, même si ni Michel-Ange, ni Le Bernin, ni Canova ne l’ont utilisé. Il anoblit autant que le marbre. Si le ballon de basket coulé par Jeff Koons tient du gag (le seul d’une exposition très sérieuse), le visiteur sent à quel point Picasso use du matériau avec virtuosité. Chez l’Espagnol, il unifie des parties hétérogènes. Son «Babouin» comporte jusqu’aux voitures miniatures de ses enfants…

Renversant, le parcours réserve aussi d’étonnantes rencontres. Le buste de Catherine de Médicis, sculpté par Germain Pilon, prêté par Elizabeth II, peut ainsi dialoguer avec une souveraine africaine du Bénin. C’est vraiment royal! or pourtant, une partie de la crique anglaise fait la fine bouche…

Pratique

«Bronze», Royal Academy, Londres, jusqu’au 9 décembre. Ouvert tous les jours de 10h à 18h, le vendredi jusqu’à 22h. Site www.royalacademy.org.uk

(TDG)

Créé: 22.10.2012, 09h32

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2 Commentaires

Michel Schopfer

22.10.2012, 18:45 Heures
Signaler un abus 1 Recommandation 0

ATTENTION A LA FACEBOOK SANSURE . Répondre


Jean-Marcel Robert

23.10.2012, 10:55 Heures
Signaler un abus

Les plus beaux bronzes sont ceux qui sont bien coulés. Répondre



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