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LIVRE

L’archéologie marine française raconte son histoire

Par Etienne Dumont . Mis à jour le 13.02.2012

Alors que l’on baptise le bateau André-Malraux, qui dressera la carte des sites engloutis, Actes Sud sort un ouvrage racontant l’histoire des fouilles depuis les années 1950.

Les fouilles dans le Rhône, à Arles.

Les fouilles dans le Rhône, à Arles.
Image: DR

Le 24 janvier se voyait baptisé l’André-Malraux à La Ciotat. Il s’agit bien sûr d’un bateau. Ce vaisseau de 275 tonnes, d’un coût de 9 millions d’euros, se voit appelé à remplacer l’Archéonaute. Ce dernier a terminé sa carrière en 2005, après quarante-trois ans de bons et loyaux services. Et pourquoi ce navire, qui servira à cartographier les sites immergés de France, porte-t-il le nom de l’auteur de «La condition humaine» et de «L’espoir»? Très simple. Ministre de la Culture à partir de 1958, Malraux a remis de l’ordre dans l’archéologie sous-marine, qui allait à vau l’eau, en créant la DRASSM.

Le baptême, qui avait comme parrain Frédéric Mitterrand et comme marraine Florence Malraux, la fille de, a fourni le prétexte à un gros album publié aux éditions arlésiennes Actes Sud. Il raconte l’archéologie sous-marine en faisant parler ceux qui l’ont faite depuis les années 1950. Les premiers ont aujourd’hui atteint un âge respectable. Albert Falco est né en 1927, François Carrazé et Yves Chevalier en 1935 et André Tchernia en 1936. A eux de relater les temps héroïques, même s’il semble difficile de qualifier ainsi ceux où le vol des épaves restait généralisé. «Il ne faut pas croire que le pillage a cessé. Il a toujours existé et existera toujours», explique amèrement Yves Chevalier.

Epaves modernes

Au fil des chapitres de cet album fort peu graphique pour Actes Sud, le lecteur passe aux temps modernes. Un signe parmi d’autres. La profession se féminise. Le public s’est aussi vu sensibilisé. Plus de 300 000 visiteurs ont vu la remarquable exposition organisée à Arles sur les fouilles locales du Rhône. Il n’y en a en effet pas que pour la Méditerranée ou les côtes bretonnes. Un fleuve peut abriter autant d’épaves antiques qu’un océan lointain.

Dans un autre ordre d’idées, l’âge des épaves a lui aussi cessé d’être multicentenaire. La meilleure preuve serait celle du Titanic, qui a juste cent ans. L’archéologie actuelle vogue ainsi entre les embarcations romaines malchanceuses et les bateaux à vapeur transportant des machines dans le Nouveau Monde. Le Columbian a ainsi coulé le 17 janvier 1865, à proximité d’Ouessant, et l’Alabama a sombré devant Cherbourg, le 19 juin 1864. Beaucoup de travail en perspective…

Pratique

«De l’Archéonaute à l’André-Malraux», de Michel L’Hour, aux Editions Actes Sud, 285 pages.

(TDG)

Créé: 13.02.2012, 17h17

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