LES EXPOSITIONS DE L’ÉTÉ (21)
L’Elysée offre une rétrospective au Sud-Africain Pieter Hugo
Pratique
«Pieter Hugo, This Must Be the Place», Musée de l’Elysée, 18, avenue de l’Elysée à Lausanne, jusqu’au 2 septembre. Tél. 021?316?99?11, site www.elysee.ch Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18h. Site de l’artiste www.pieterhugo.com
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On l’avait découvert en 2005 à l’Elysée de Lausanne. C’était l’un des rares invités de «reGeneration» à échapper à une véritable congélation de l’inspiration. L’année d’après, Pieter Hugo décrochait un World Press Photo. En 2008, le Sud-Africain explosait aux Rencontres d’Arles, où il obtenait cette fois le Prix Découverte. Les Genevois ont ensuite régulièrement retrouvé ce surdoué à la galerie Bertrand & Gruner, où le photographe trouvait de nombreux acheteurs en dépit de la dureté des thèmes abordés.
Pieter Hugo revient aujourd’hui à l’Elysée, qui lui consacre deux étages. Sam Stourzé, directeur de l’institution, n’a pas choisi de montrer une ou deux séries complètes. Il a picoré dans les travaux anciens et récents de cet homme, aujourd’hui âgé de 36?ans, qui se montre actif depuis 1997. Il y a donc ici quelques montreurs d’hyènes de «The Hyena Other Men». Une demi-douzaine de familles de «petits Blancs» portraiturés à «Messina». Quelques natures mortes de «Rwanda 2004», où l’artiste montre les traces du génocide dix ans après.
De grandes images carrées
Pieter Hugo est un photographe classique. Il a un format de prédilection, le carré. Il utilise de gros appareils assez lourds. Il s’agit donc d’images posées. Une tradition qui se maintient en Afrique. Comme ce ne sont pas des instantanés volés, chaque cliché suppose l’accord et même la complicité du modèle. Ce dernier entre en représentation. L’image va du coup devoir concentrer un maximum d’informations. Une vidéo, sous les combles, montre Hugo travaillant au Ghana sur des hommes récupérant la matière précieuse des vieux ordinateurs, en les brûlant. Tout se fait très lentement. Très progressivement. Le résultat donne un piqué incroyable. Le moindre détail devient lisible.
Si Hugo se retrouve au Rwanda ou au Ghana, c’est parce que son aire d’exploration ne se limite pas à son pays, si complexe et si bigarré soit-il. Ce Blanc, qui ne se veut pas militant, parle de tout le continent subsaharien. En témoigne une série récente, «Nollyrood». Elle explore le monde du cinéma nigérian. Une cinématographie totalement inconnue chez nous, alors qu’elle totalise plus de 500 longs-métrages par an. Les films produits à Lagos restent élémentaires. Il faut du drame et du sang. Voilà qui permet des photos spectaculaires, tirées très grand, comme toujours avec Pieter Hugo qui a adopté la taille galeries d’art. On le retrouve ainsi formaté de Rome à New York.
Spectaculaire remontée
Ce somptueux ensemble, que domine un immense triptyque conçu avec trois clichés de «Permanent Error», rachète de loin toutes les expériences malheureuses de l’Elysée ces derniers mois. Si l’on pouvait sauver «Derrière le rideau» sur l’esthétique du photomaton, en se disant qu’il fallait bien une fois montrer ça, que dire en effet des trois expositions consacrées au 11 septembre et surtout de l’effrayante confusion intellectuelle de «(Contre) culture»? Espérons que la suite confirmera cette spectaculaire remontée. A partir du 21 septembre, l’Elysée présentera la collection Howard Greenberg, les photos de plateau du film «Freaks» (1932) et Luciano Rigolini. Je mise ici sur «Freaks».
Pratique
«Pieter Hugo, This Must Be the Place», Musée de l’Elysée, 18, avenue de l’Elysée à Lausanne, jusqu’au 2 septembre. Tél. 021?316?99?11, site www.elysee.ch Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18h. Site de l’artiste www.pieterhugo.com
(TDG)Créé: 22.08.2012, 10h16
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