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GESTION

Le musée de Rouen lance l’idée de la mini-exposition des fonds

Par Etienne Dumont / Rouen . Mis à jour le 29.11.2012

Le public ne veut plus de collections permanentes inamovibles. Pourquoi ne pas créer de petits événements bien mis en scène pour raviver l’intérêt?

Un dessin de Christian Lacroix pour ses sept décors rouennais.

Un dessin de Christian Lacroix pour ses sept décors rouennais.
Image: DR

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Bien sûr, il y a le Louvre, le British Museum, le Prado ou les Offices. Des exceptions culturelles. Dans les autres musées, les visiteurs se détournent toujours davantage des collections permanentes pour se focaliser sur les manifestations temporaires. «Il s’agit sans doute d’un phénomène irréversible», assure au Musée des beaux-arts de Rouen le conservateur Diederik Bakhuÿs. «Seul l’événementiel retient désormais l’attention.»

Que faire? Surtout dans une ville comme Rouen, où les touristes restent rares. Celle qui fut longtemps «la seconde ville de France» ne séduit guère les étrangers par son beau patrimoine architectural (en dépit des ravages de l’urbanisme du XIXe siècle, puis des bombes de 1944) ou ses riches collections municipales. «Avec un fonds d’une somptuosité rarement égalée en France, les musées de Rouen constituent une mine dans laquelle on pourrait indéfiniment creuser et s’absorber», soutient Sylvain Amic, leur directeur depuis quelques mois.

Vocation première

Rouen ne peut pas sans cesse s’offrir des expositions grand public, comme celles qui ont été vouées à l’impressionnisme en Normandie. Il lui faut travailler avec des œuvres lui appartenant. Le musée vient de lancer la première opération dans ce sens. Sept mini-expositions ont été créées dans les salles en utilisant les œuvres aux cimaises, celles en réserve et quelques appoints venus de l’extérieur. L’une est vouée à Delacroix en Normandie. Une autre au port de Rouen. Une troisième au décor créé par Jacques-Emile Blanche, un peintre dont le Musée des beaux-arts possède l’atelier, pour la Biennale de Venise en 1912. L’époque contemporaine se voit représentée par Pierre Buraglio et Zao-Wou-Ki.

Ainsi devraient être trouvé un public, tout en répondant à la vocation première d’un musée. «Notre proposition s’attache à rendre visible un effort permanent de recherche, d’acquisition, de restauration qui, pour demeurer notre activité fondamentale, doit être partagé par le public», peut ainsi écrire Sylvain Amic dans le très joli livre-catalogue.

Décor spectaculaire

Afin de parfaire l’impression (ou l’illusion) de nouveau, il fallait évidemment un décor un peu spectaculaire. Les sept micro-expositions de 2012-2013 ont ainsi été habillées par Christian Lacroix. Ce dernier, dont l’activité couturière a mal fini, n’en est pas à son coup d’essai dans un musée. L’Arlésien a déjà mis en scène le Musée Réattu de sa ville natale. Il en fait ici un peu trop. Mais sans doute cela fait-il partie du jeu.

L’idée, intéressante, devrait faire école. On imagine, dans nombre de villes de seconde importance, l’impact que pourraient prendre des expositions dossiers présentées de manière un peu séduisantes, voire un brin aguichantes. Il faudra, un jour, organiser un voyage de conservateurs vers Rouen.

Pratique

«Le temps des collections», Musée des beaux-arts de Rouen, esplanade Marcel-Duchamp, jusqu’au 26 mai 2013, Tél. 00332 357 28 40, site www.rouen-musees.com Ouvert tous les jours, sauf mardi, de 10h à 18h.

(TDG)

Créé: 29.11.2012, 19h25

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