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CÉRAMIQUE

Le Rietberg de Zurich va accueillir la Collection Meiyintang

Par Etienne Dumont. Mis à jour le 22.12.2012

Réuni en cinquante ans par deux frères d’origine suisse, cet ensemble de pièces chinoises passe pour le plus important du monde en mains privées.

L’une des nombreuses céramiques que les visiteurs pourront voir dès le 11 janvier.

L’une des nombreuses céramiques que les visiteurs pourront voir dès le 11 janvier.
Image: Musée Rietberg

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Fermé! Les visiteurs du Museum Rietberg de Zurich n’ont plus accès depuis des mois à une moitié de l’étage souterrain du «Baldaquin d’émeraude», construit il y a quelques années en annexe à la Villa Wesendonck. Il s’agit de rénover les salles. Pourquoi un réaménagement aussi rapide? Tout simplement parce qu’il s’agit d’accueillir des œuvres nouvelles. Dès le 11 janvier 2013, le musée montrera de manière permanente la Collection Meiyintang de céramiques chinoises. L’événement semble si important à l’institution alémanique que l’accès aux collections sera libre durant toute l’année 2013.

De quoi s’agit-il? Durant cinq décennies, les Suisses d’origine Gilbert et Stephen Zuellig, qui vivaient en Extrême-Orient, ont rassemblé de la céramique chinoise. Ils s’étaient divisé la tâche. Gilbert se spécialisait dans les objets allant des terres cuites néolithiques jusqu’aux vases de la dynastie Song, tombée en 1279. Stephen, lui, se concentrait sur les porcelaines des époques plus tardives. Il partait du XIVe siècle pour aboutir au XXe. Il fallait un nom pour coiffer le tout. Ce fut Meiyintang, ce qui signifie «le domaine entre les parterres de roses.»

Pérenniser l’ensemble

Le British Museum a eu la primeur des pièces essentielles en 1994. Un premier catalogue paraissait la même année. Il y eut depuis d’autres présentations, groupées, ou par prêts isolés. Mais toujours en toute discrétion, même si l’on parlait bien haut du plus important ensemble de céramiques chinoises en mains privées. Monique Crick, qui a emprunté plusieurs fois pour le Collection Baur genevoise des objets, n’aurait ainsi pas donné le nom des collectionneurs en dépit des pires supplices (chinois, évidemment).

Gilbert Zuellig est mort nonagénaire en 2009. Il possédait 1600 des quelque 2000 pièces de la collection, à en lire Wikipedia. Cela posait le problème de la pérennité de l’ensemble. Sa famille est intervenue pour qu’il n’y ait pas partage. Restait à trouver un lieu d’accueil. Pourquoi pas le Rietberg, à Zurich, qui s’occupe exclusivement d’arts extra-européens? La Fondation déposerait 600 objets. Elle paierait l’aménagement des salles. Ces céramiques rejoindraient les peintures lettrées de la Collection Drenowatz (un don) ou les émaux cloisonnés des époux Uldry (un dépôt). Signalons qu’une partie des céramiques postérieures collectionnées par Stephen a été vendue récemment aux enchères. Elles se seraient mal intégérées au Rietberg, qui se concentre sur les époques archaïques.

Musées gigognes

Il faut dire que la Suisse alémanique a développé à l’extrême le concept du musée gigogne. Je veux dire par là celui qui abrite sous son toit de multiples fondations. Formé par une donation du baron von der Heydt dans les années 1950, le Rietberg n’a ainsi qu’un nombre limité d’objets en propriété. Une idée que les Français repoussent en revanche avec effroi, pour des raisons supposées morales. Ce n’est que tout récemment que le Louvre a accueilli son premier tableau en prêt à longue durée.

Autre pays, autres mœurs. Et vivement le 11 janvier!

(TDG)

Créé: 22.12.2012, 11h09

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