MUSÉE
Le Louvre ouvrira son département islamique le 22 septembre
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On a enfin la date. Le Louvre ouvrira le 22 septembre au public ses nouveaux espaces consacrés aux Arts de l’Islam. Mais il reste à la recherche de dix millions d’euros pour boucler le financement de cet ambitieux projet. La situation ne progresse pas ici. En janvier 2012, c’était déjà cette somme après laquelle courait le Louvre.
La collection des Arts de l’Islam du Louvre dispose désormais de 3000?mètres carrés (trois fois plus qu’auparavant), qui se déploient sur deux niveaux conçus par l’Italien Mario Bellini et le Français Rudy Ricciotti. Après la pyramide de Ieoh Ming Pei, inaugurée en 1989, qui amenait le verre dans le palais, les deux architectes ont cette fois posé une verrière mordorée. C’est comme un voile léger qui flotte sur la Cour Visconti, près de la Seine.
Trois mille objets
Le rez-de-chaussée, baigné de lumière naturelle, accueillera les œuvres datant du VIIe au XIe siècle. Le sous-sol, baptisé «parterre», présentera celles du XIe jusqu’à la fin du XVIIIe dans une enceinte de béton noir. L’aire géographique concernée s’étend de l’Espagne omeyyade à l’Inde moghole. La muséographie s’est vue confiée à Renaud Piérard et Mario Bellini.
Grâce à ces nouveaux espaces, le Louvre peut présenter près de 3000 objets, parfois monumentaux, puisés dans sa riche collection d’art islamique et dans celle du Musée des arts décoratifs (plus de 18?000 au total). «Ce sera l’accrochage le plus important en Europe d’objets d’art de l’Islam», a déclaré Sophie Makariou, directrice du département. Il faut dire que Berlin ou Londres accordent à ce domaine une portion congrue.
Onze ans d’efforts
Le bâtiment a été livré par les architectes en mai. Les collections, mises en réserve depuis plus de quatre ans, sont en grande partie installées. Dès son arrivée à la tête de l’établissement public, en 2001, Henri Loyrette a voulu sortirl’Islam de sa «marginalisation» au sein du musée en lui donnant un espace «digne en qualité et en surface». Le département se trouvait alors en sous-sol, après n’avoir pas eu de salles du tout pendant des décennies.
En 2002, Jacques Chirac, alors chef de l’Etat, faisait part de son souhait de doter le Louvre d’un véritable département des Arts de l’Islam pour conforter la «vocation universelle» du musée le plus fréquenté au monde (il exclut cependant l’Asie, installée à Guimet). Ce huitième département est créé en 2003. Nicolas Sarkozy pose la première pierre en juillet 2008.
Etats arabes comme mécènes
Le coût global de l’opération se monte à 98,5 millions d’euros. L’Etat apporte 31 millions. Le musée a réussi à réunir 56 millions auprès de d’états étrangers, de donateurs privés ou d’entreprises. Le principal mécène est la Fondation du prince saoudien al-Walid ben Talal, qui remet à titre privé 17 millions d’euros. Mohammed VI du Maroc fournit une importante contribution, au montant non divulgué. L’émir du Koweït, le Sultan d’Oman, la République d’Azerbaïdjan financent aussi le projet.
Plusieurs groupes français ont répondu présent (Total, Lafarge, Bouygues Construction…). En janvier, le Louvre prévoyait de puiser dans ses ressources propres 1,5 million d’euros seulement. Mais à un mois et demi de l’ouverture des nouveaux espaces, il lui manque toujours 10 millions d’euros qu’il pensait trouver auprès de sponsors.
Préserver la dynamique
«Nous prospectons toujours. Nous avons bon espoir», a déclaré le musée. «Si le Louvre ne réunit ces 10 millions , il lui faudra rééchelonner ses autres projets, tout en préservant la dynamique.» Attend ainsi désespérément le mobilier des XVIIe et XVIIIe siècle, pourtant davantage en phase avec le palais. Mais il ne s’agit pas ici d’un domaine éminemment politique, comme l’islam.
(TDG)Créé: 10.08.2012, 14h56
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