Alexander Gavrylyuk, pianiste extraterrestre

Classique Le cycle Rachmaninov s’est achevé au Victoria Hall sous une explosion de vivats

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Neeme Järvi a raison d’être fâché. Ne pas avoir enregistré l’intégrale des concertos de Rachmaninov et la Rhapsodie sur un thème de Paganini données par le pianiste Alexander Gavrylyuk avec l’OSR est une erreur. La télévision a refusé: «manque de moyens». Le chef de l’OSR en est tout marri. «Qu’on ne me dise pas qu’il n’y a pas d’argent à Genève!…» avait-il alors rétorqué.

Ceux qui n’auront pu assister au cycle Rachmaninov décliné en quatre programmes au Victoria Hall et à Beaulieu, en seront eux aussi pour leur frais d’événement musical. Car le jeune Ukrainien est un extraterrestre du clavier. Un phénomène de 29 ans seulement, dont 22 passés devant les touches noires et blanches. Autant dire qu’Alexandre Gavrylyuk joue du piano comme il respire.

Depuis son premier concert à l’âge de 9 ans, il dévore le répertoire le plus virtuose, et se consacre particulièrement aux compositeurs les plus «digitaux» de son pays: Scriabine, Prokofiev ou Rachmaninov notamment. Du dernier, donc, à l’issue de l’ultime concert du cycle genevois, il a enchaîné lundi soir le fameux 2e Concerto et la Rhapsodie sur un thème de Paganini. Des doigts plein les mains, une énergie du diable et une attitude spectaculaire que Tex Avery ne renierait pas: Alexander Gavrylyuk a enflammé le Victoria Hall bondé, en clôturant le petit festival qui n’était pourtant pas gagné d’avance.

Son incroyable talent, assez extravagant et parfois cassant de toucher si on veut chipoter, a déchaîné les passions. Comme un Horowitz ou un Rubinstein avant lui (en moins dandy, cabotin ou insolent d’élégance), ce musicien fait crier le public de joie. On ne le lui reprochera pas! Exploit ou performance, qu’importe. Les auditeurs ressortent fourbus de ses concerts, où il délivre tant de notes avec tant d’engagement, qu’il en devient irrésistible. Véritable catalyseur, il entraîne aussi l’orchestre dans la clarté de son jeu. On aura presque pu se reposer avec l’Ile des morts et la Vocalise pour orchestre introductives où Neeme Järvi a arrondi, approfondi et romantisé le ton et les formes orchestrales, avec des musiciens tout miel. Une mémorable soirée conclusive.

(TDG)

Créé: 03.06.2013, 23h32

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