Le contournement de Crissier, projet prioritaire pour Berne
Trafic d'agglomération | Le contournement de Crissier, puis dans un second temps celui de Genève, figure dans les projets prioritaires pour recevoir la manne fédérale. Si les programmes d'économie ne ferment le robinet.
© Chris Blaser |
ATS/AP | 11.11.2009 | 16:49
Le Parlement peut attaquer la suite des travaux dans l'amélioration du trafic d'agglomération et la lutte contre les bouchons autoroutiers. Le Conseil fédéral lui demande de libérer près de 3 milliards. Mais il met déjà en garde: le programme d'économies pourrait provoquer des reports.
Concernant les autoroutes, le Conseil fédéral propose de libérer 1,36 milliard pour les projets les plus urgents: le contournement de Crissier, ainsi que les axes Härkingen (SO)-Wiggertal (AG), Blegi-Rütihof (ZG) et nord de Zurich (tunnel du Gubrist).
Les autres projets seront ventilés dans trois autres modules selon leur niveau d'urgence. Le module 2 comprend notamment la deuxième phase du chantier de Crissier et le tronçon Le Vengeron - Coppet.
Le module 3 inclut les axes Perly-Meyrin, Meyrin-Le Vengeron et Coppet-Nyon.
Les projets du module 4 sont définitivement écartés. Il s'agit entre autres des élargissements à six voies Etoile-Perly, Villars/St-Croix-Cossonay, ainsi que la section Nyon-Morges et l'échangeur Villars/Ste-Croix-La Croix-Montreux.
La prise en compte de tous les projets coûterait 17,5 milliards de francs. Or le Parlement n'a réservé que 5,5 milliards du fonds d'infrastructure à la suppression des bouchons sur le réseau des routes nationales ces 20 prochaines années. Cette somme devrait permettre de financer les projets des modules 1 et 2.
Trafic d'agglomération
Pour ce qui est du trafic d'agglomération, le Conseil fédéral a transmis au Parlement la liste des 26 projets retenus pour la deuxième étape. La Confédération, qui prendrait à sa charge 30 à 40% des coûts, devrait verser 1,5 milliard dès 2011.
En tout, 6 milliards doivent être affectés sur vingt ans au trafic d'agglomération. Lors de la première phase, le Parlement a débloqué 2,6 milliards pour 23 projets jugés urgents. Après les 1,5 milliard demandés par le Conseil fédéral, il restera encore 1,9 milliard.
Un montant de 1,2 milliard devrait être libéré dès 2015. Avant de remettre la liste des projets concernés au Parlement, le Conseil fédéral va encore réexaminer leur rapport coût-utilité. Une réserve de 700 millions resterait en outre après 2019 pour les agglomérations n'ayant pas encore reçu d'aide.
Des raisons de politique financière peuvent cependant retarder la réalisation de ces projets. Il y a une semaine, le Conseil fédéral a adopté un programme de consolidation de l’ordre du milliard de francs et il n’est pas exclu qu’il en résulte des réductions sensibles des recettes versées dans le fonds d’infrastructure ces prochaines années.
Economies
Le Conseil fédéral veut économiser quelque 4,5 milliards d'ici 2013. Ce programme pourrait bloquer les versements au fonds d'infrastructure, qui sert à financer aussi bien les projets d'agglomération que ceux concernant les goulets d'étranglement.
Si c'est le cas, «il faudra reporter certains projets», a averti Moritz Leuenberger devant la presse, tout en refusant de faire des pronostics concrets. Une solution pour éviter les retards serait d'augmenter l'impôt sur les carburants. Cette option ne devrait cependant pas être utilisée à court terme.
Les cantons ne veulent pas attendre
Les cantons ne veulent pas reporter ces travaux: ils ont annoncé qu’ils rejettent "un moratoire sur les dépenses prévu par le Conseil fédéral" et "des coupes trop sévères dans le fonds d’infrastructure".
Dans un communiqué commun, la Conférence suisse des directeurs des travaux publics, de l’aménagement du territoire et de l’environnement (DTAP) et la Conférence des directeurs cantonaux des transports publics (DTP) ont souligné "la nécessité impérative d’opérer des investissements dans les infrastructures de transports de premier plan" car il en résulterait des retards pouvant aller jusqu’à plusieurs années.
On ne peut pas demander aux gens de supporter plus longtemps ces embouteillages quotidiens qui représentent une charge insupportable d’un point de vue économique, a plaidé Markus Kägi, Directeur des travaux publics zurichois.
C’est également l’avis du Touring Club Suisse (TCS). En revanche, du côté des Verts, si on approuve les mesures en faveur des agglomérations, on estime qu’il vaut mieux soutenir les transports publics et le trafic lent plutôt que de favoriser les transports routiers.