Protéger la science ou les macaques? Dilemme suisse
RECHERCHE ANIMALE | Le Tribunal fédéral a mis un terme à deux expériences zurichoises sur des singes. Les protecteurs des animaux réclament la fin de toute expérimentation animale. Les chercheurs sont inquiets.
Serge Gumy | 15.10.2009 | 00:00
«Nous nous engageons pour un authentique progrès de la recherche médicale et donc pour l’abolition des expériences sur animaux.» A l’image du Groupe d’action contre l’expérimentation animale, les amis des bêtes ne se contenteront pas d’une victoire d’étape. Ils espèrent que la décision rendue mardi par le Tribunal fédéral fera jurisprudence et qu’elle mettra un frein définitif à l’utilisation de singes dans les laboratoires. Leur vœu sera-t-il exaucé? Il faudra pour le savoir attendre la publication des considérants des juges fédéraux. Seul leur verdict est connu à ce jour: l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich et l’Université de Zurich doivent renoncer à deux projets de recherche sur des macaques.
Souffrances inutiles
Le Tribunal fédéral confirme ainsi l’avis de la Commission cantonale zurichoise sur l’expérimentation animale. Celle-ci estimait que les expériences prévues – les macaques auraient notamment été privés de boisson pendant douze heures – violaient la dignité de l’animal. Les souffrances infligées aux animaux paraissaient d’autant moins justifiées aux experts que l’utilité des essais pour la santé humaine n’était pas démontrée.
C’est ce dernier argument qui inquiète grandement le biologiste Denis Duboule. «On demande désormais aux scientifiques de démontrer, au commencement d’une expérience, quel sera son impact sur la santé humaine. En clair, ils doivent apporter la réponse avant même de s’être posé la question. C’est une totale incohérence! commente à titre personnel le professeur à l’Université de Genève et à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne.
Pour le scientifique, si une telle décision de justice faisait jurisprudence, elle risquerait de faire fuir les entreprises privées, et de provoquer la fermeture des laboratoires de recherche financés, comme le sien, avec de l’argent public. Le climat serait-il donc devenu si hostile aux expériences sur les animaux? «Les Suisses, quand on leur explique ce que nous faisons, y restent majoritairement favorables, analyse Denis Duboule. Mais je sens une dérive lente, sournoise, qui fait que l’on considère les animaux comme plus importants que les hommes. A ce propos, la nouvelle loi sur la protection des animaux nous impose des conditions de détention des souris plus contraignantes que pour des requérants d’asile! Je n’ai pas de problème avec cette évolution, pour autant qu’elle reflète l’opinion majoritaire. Si c’est vraiment le cas, alors nous irons travailler ailleurs.»
Imaginez s'il y avait une espèce animale plus forte que l'homme qui utilisait les êtres humains comme des choses de la sorte. Ou imaginez qu'on découvre des êtres comme nous sur Mars, et qu'au lieu de leur parler on se mette à leur ouvrir le crane et autre tortures sublimes pour "voir" de quoi ils sont faits. Cette "science" inhumaine est absurde - ceux qui la pratique ne sont que des imbéciles spirituels, qui n'ont rien compris de la vie. Abolissons ces "expériences" une fois pour toutes. Les animaux sont nos frêres vivants - des êtres précieux chacun.
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