Pierre-François Unger est séduit par la caisse unique de droite
ASSURANCE MALADIE | Le projet de caisse unique lancé par Franz Steinegger suscite pour une fois un fort intérêt au-delà des clivages politiques. Le ministre genevois de la Santé, et grand pourfendeur du système actuel, livre son analyse. 
© LAURENT GUIRAUD/2009 | Pierre-François Unger, conseiller d’Etat genevois en charge de la Santé. «J’ai proposé de garder les primes par tête mais d’introduire des franchises proportionnelles au revenu. Plus vous gagnez, plus vous devez prendre en charge vos factures.»
LAURENT AUBERT | 11.11.2009 | 00:00
La caisse unique a été relancée la semaine dernière avec les déclarations de Franz Steinegger (voir nos éditions des 3 et 4 novembre) . Critiquant la «pseudo-concurrence» entre les 87 caisses actuelles qui ne porte que sur la chasse aux bons risques, l’ancien président du Parti radical suisse préconise une caisse unique nationale pour l’assurance maladie de base, toujours financée par des primes par tête, variables selon les cantons.
Adversaire déclaré du système actuel, Pierre-François Unger, le patron genevois du Département de l’économie et de la santé, avait fait profil bas en 2007, lors de la campagne sur l’initiative socialiste. Le démocrate-chrétien était alors déchiré entre son soutien de principe à une caisse unique et la solidarité avec son parti. Aujourd’hui, il prend clairement position.
Est-ce que vous vous ralliez au projet de caisse unique défini par Franz Steinegger?
Oui et ce n’est pas un scoop. Je n’ai pas fait mystère de mon opinion en 2007 mais l’erreur des initiants a été alors de lier deux thèmes: la caisse unique et les primes liées au revenu qui n’étaient pas acceptables pour la majorité de la population.
Il s’agissait alors de remédier aux primes par tête qui sont une lourde charge pour la classe moyenne et les familles. Comment faire alors?
J’ai proposé de garder les primes par tête mais d’introduire des franchises proportionnelles au revenu. Plus vous gagnez, plus vous devez prendre en charge vos factures. Cette proposition est en cours d’examen par la Conférence des directeurs cantonaux de la santé (CDS).
Etes-vous prêt à soutenir une caisse unique qui conserverait des primes variables selon les cantons?
Oui, mais les primes cantonales ne se justifient que si les réserves restent aussi dans les cantons. Après tout, les réserves ce sont les primes moins les coûts. C’est le combat que je mène depuis des années avec mon collègue vaudois Pierre-Yves Maillard.
Moyennant ces conditions, êtes-vous prêt à vous engager aux côtés de Franz Steinegger?
Des deux mains et des deux pieds! La concurrence que prévoit la Loi sur l’assurance maladie (LAMal) ne peut pas jouer dans un système où l’on est obligé de s’assurer, où les prestations sont définies dans un catalogue et où les tarifs sont fixés. La chasse aux bons risques est le seul champ d’autonomie offert aux caisses.
Pourtant vous venez de rembarrer le Parti socialiste genevois qui proposait l’an passé une caisse unique cantonale…
La LAMal ne permet pas de créer une caisse unique cantonale. Le projet du PS portait sur une caisse cantonale publique qui aurait exercé aux côtés des autres assurances. Il aurait tout au plus remédié aux problèmes de transparence. Pour le reste le financement était contraire à la loi fédérale et il n’aurait pas été possible de limiter l’activité de cette caisse aux frontières du seul canton de Genève.
Pensez-vous que le projet Steinegger ait des chances de passer?
Oui. Il y a une prise de conscience en Suisse alémanique. Les assurés ont subi de fortes hausses cet automne, même si les primes ne sont pas encore au niveau où elles devraient.
Quant à moi, je serais séduit par le départ de J.-F. Unger du CE genevois. On peut rêver, non? Parce qu'avoir un médecin à la tête de l'économie, c'est comme si on mettait un avocat de droite à la solidarité et à l'emploi ou un autre aux constructions et aux technologies de l'information. Plus qu'une erreur de casting, ce serait les faire passer pour des illusionnistes!
Comme c'est rigolo…..
Comme quoi pour avoir des projets intelligents il faut attendre que la droite les propose.
Qui doit payer pour les boulets hérités du passé ?
Une partie des personnes qui ont profité de l'assurance-maladie obligatoire, provient de la sortie d'une entreprise qui proposait une assurance-maladie qui ne faisait aucune provision pour la période qui suivait la période active.
Ces entreprises ont payé des primes ridicules, tout en sachant que leurs employés ne seraient plus assurés après être sortis de l'entreprise, plus vieux, plus malades et plus couteux.
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Ces provisions qui n'ont pas été faites par les assurances-maladie de cette époque ne devraient pas être à la charge des assurés qui possédaient une assurance privée personnelle, pas plus qu'à celle des assurés qui ont payé des primes normales pendant toute leur vie d'adulte.
La durée de la vie augmente, certes, mais les frais liés à cette augmentation sont aggravés de par le fait que certains assurés actuels n'ont jamais constitué de provisions pour cette partie de leur vie.
C'est leur manque de solidarité passée qui retombe sur tous les assurés d'aujourd'hui.
Comme je l'ai écrit plus haut, ce n'est pas forcément de leur faute, mais les entreprises savaient. Il y a aussi le cas des personnes qui n'étaient pas assurées, par choix ou par manque de moyens.
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Ces provisions manquantes doivent être reconstituées aux frais de l'État, pour tous les assurés, selon leur âge. Les réserves payées par les assurés qui ont tout le temps payé le plein tarif doivent être restituées à ces assurés, d'une manière ou d'une autre, par exemple par des baisses viagères de primes.
Les actuaires savent très bien calculer tout ça.
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Ce n'est que lorsque cette équité sera rétablie que les chiffres cesseront d'être faussés et incompréhensibles.
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L'augmentation de la durée de vie a bon dos, lorsqu'on ne prend pas en compte toutes les causes de déficits.
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Autre problème, très actuel:
L'assurance-maladie, donc nous tous, assure immédiatement tous les demandeurs d'asile.
Ce n'est pas aux familles de se saigner aux quatre veines pour subventionner la politique de l'asile.
Les requérants d'asile doivent immédiatement être assurés d'une manière qui ne soit pas préjudiciable aux assurances-maladie, donc surtout au payeur d'assurance de la classe moyenne.
De plus, il faut limiter le catalogue de soins pour ces personnes, au minimum possible, pas seulement dans pour les soins LAMAL. Les couts des soins dentaires ou de lunettes (etc) ne doivent jamais dépasser ce qu'un Suisse modeste peut obtenir.
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Pour les personnes qui ont reçu définitivement un statut permanent d'asile, il est évident que la couverture doit être la même que pour les citoyens Suisses.
Il est tout aussi évident que autre prestations, par exemple les soins dentaires, les lunettes etc ne doivent jamais dépasser ce qu'un Suisse modeste peut obtenir.
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"Provisions" et "Réserves" (je fais une distinction, afin de pouvoir décrire les faits actuels)
On n'arrête pas de mélanger les deux notions, en particulier parce qu'on ne veut pas parler du problème des provisions durant la durée de la vie.
(Sur le fonds, il s'agit d'argent en réserve, mais l'usage et l'horizon d'utilisation est très différent.)
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Ce sont des choses de nature toute différente:
- Les réserves (celles dont on parle tout le temps) sont là pour payer les factures qui vont arriver dans les mois qui viennent. Si elles sont trop basses, l'assurance ne peut plus payer les factures ou les rembourser à l'assuré. (ou les rembourser à la Saint Glinglin). On peut calculer ces réserves en mois.
- Les provisions (celles qu'on ne fait plus): Ce sont des réserve d'argent qu'on met de côté, afin de pouvoir payer les frais prévisibles quand on devient plus vieux.
Comme tout le monde devient plus vieux, on peut assez bien prévoir les frais qui augmentent en fonction de l'âge. Si on n'a pas fait ces provisions, on voit arriver, année après année, l'explication que "la durée de vie augmente" (voir un de mes précédents messages).
Comme ce sont des montants qui doivent être assurés sur le long terme, ils ne devraient être placés que dans des investissent sûrs: Les Obligations de la Confédération, mais aussi dans la formation, la Recherche scientifique et la transition énergétique {exclusivement les investissements effectués en Suisse (renouvelable) ou dans une région frontalière (p.ex. Les centrales thermiques nucléaires, durant les 30 à 50 ans que durera la transition, pendant qu'on construit l'infrastructure durable)}
Provisionner à long terme ferait augmenter légèrement les primes, une seule fois.
Si on remet le catalogue de prestation dans l'état dans lequel il était lors du vote de la Loi par le Peuple Suisse Souverain, les primes devraient plutôt diminuer
crible@
"Autre problème, très actuel:
L'assurance-maladie, donc nous tous, assure immédiatement tous les demandeurs d'asile"
N'importe quoi.
"Les requérants d'asile doivent immédiatement être assurés d'une manière qui ne soit pas préjudiciable aux assurances-maladie, donc surtout au payeur d'assurance de la classe moyenne"
Re n'importe quoi.
Ce sont les cantons qui payent les primes d'assurance maladie pour les personnes qui ne sont pas en mesure de les payer. Point.
Les caisses ne payent ni plus ni moins que pour vous et moi.
Il a fait quoi le grand pourfendeur pendant toutes ces années au CE ? Après avoir roupillé pendant des années Unger attend que la droite face une proposition pour réagir. D'ailleurs, je ne savais pas que ce Monsieur était de gauche... Impressionnant.
Qu'importe d'être de droite ou de gauche, l'important est d'être dans le droit chemin!
Amélioration de l'outil technique:
Si on désire augmenter les prestations, il faut le faire en améliorant les outils techniques, chaque baisse permettant d'envisager d'additionner une prestation.
Les grandes infrastructures techniques étant majoritairement en mains publique, c'est à chaque collectivité publique concernée de savoir quelle est l'infrastructure lui convient le mieux et quel prix elle est disposée à payer pour ça.
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Le moment est probablement spécialement propice à acquérir les appareillages couteux, en les finançant intelligemment par l'emprunt: Les taux d'intérêts étant historiquement extrêmement bas.
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Il est aussi temps de remplacer par Linux les systèmes d'exploitation onéreux. Linux est un système d'exploitation gratuit, à la pointe du progrès.
De même, on peut instantanément remplacer les logiciels bureautiques couteux par des logiciels libres tout aussi performants, sinon plus.
Pour les cas spéciaux, il faut probablement quelques informaticiens de plus en Suisse, qui paient leurs impôts en suisse, mais ces quelques personnellement ne coutent probablement pas plus d'un pour-cent que ce que coutent les logiciels payants et les systèmes d'exploitations qu'on doit jeter à la poubelle tous les 2 ou 3 ans.
De plus, Linux et les outils libres de droits, sont nettement plus performants que les "machins" au prix exorbitants.
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Passer aux logiciels libres dans les organismes publics ou payés par l'État, ça peut se faire instantanément, aujourd'hui même: Ça ne coute qu'un coup de téléphone du responsable du budget aux responsables de l'informatique.
En moins d'une journée, on aura économisé des millions de francs ...
... des millions de francs d'économies, ce matin, en quelques coups de fil !
Calcul: Plusieurs million, auxquels on soustrait quelques centimes de téléphone, il doit bien rester un petit quelque chose.
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On peut même donner encore quelques coups de téléphone dans l'après-midi, pour prendre la même décision dans les services de l'État et les autres organismes en main de l'État.
Ce soir, on aura déjà économisé une bonne centaine de francs par personne, entre l'assurance-maladie, les impôts et les autres services.
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En tous les cas, acheter un nouveau système d'exploitation, après avoir lu ce qui précède, ce n''est plus une erreur: C'est une faute.
Il existe une solution intermédiaire nettement moins liberticide que l'étatisation:
La création de caisses cantonales publiques et/ou d'une caisse maladie nationale comme il existe une caisse accident publique.
La SUVA n'a pas le monopole de l'assurance-accident, et ça marche très bien comme ça.
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Le système actuel est totalement pervers, car il a détruit la solidarité entre génération et la solidarité tout court, contrairement aux attentes qui étaient mis en lui avant la votation.
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Ce sont les parlementaires toutes tendances confondues, y.c. l'UDC, qui ont transformé la loi en usine à gaz:
La loi que le Peuple Souverain a votée l'a été parce qu'on cherchait simplement à inclure tout le monde dans une assurance-maladie.
Après que ça ait été fait, on a, successivement, (au moins) doublé le catalogue de prestation (autrement dit, la présente caisse couvre bien plus que ce que le citoyen CHOISISSAIT avant l'entrée en vigueur de cette loi.)
C'est une couteuse trahison de l'esprit de la loi.
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Pour revenir à la loi, telle que le Peuple Suisse Souverain l'a acceptée, il suffit de reprendre le catalogue de prestations des assurances de l'époque où la loi a été acceptée, tout le reste étant à option.
Si on le faisait, les primes seraient même plus basses qu'à l'époque, car LES MÊMES médicaments deviennent petit à petit des génériques et car les appareils coutent nettement moins cher.
C'est ce gain d'efficacité-là qu'il faut utiliser pour augmenter les prestations, pour autant qu'on désire vraiment les augmenter au-delà de ce que le Peuple Suisse Souverain a voté.
La suite dans un prochain message
Apres la défaite de la caisse unique par le vote du peuple, il serait bon de revenir sur les arguments actuels, l’augmentation des primes, les réserves des caisses maladie sans aucune transparence, la baisse des prix des médicaments.
1°< les primes des cotisations augmenteront toujours, car c’est une escalade sans contrôle.>
2°< Pour les réserves des caisses il n y a pas aucune transparence, personne ne sait rien
et personne ne dit rien, ainsi l’excuse pour augmenter les primes des cotisations elles excellent >
3° < Les prix des médicaments sont en baisse, les « Génériques » qui ont le même effet que le originaux ont fait chuter les prix mais tout ça sa ne sert a rien car la aussi personne ne dit rien et les caisses maladie, sans contrôle, font la pluie et le beau temps. >
C’est une petite réflexion qui doit nous inciter a repartir du bon pied pour la réouverture du lancement a la nouvelle Caisse Maladie Unique, la SUVA pourra nous servir d’exemple.
Evidemment, comme cela il pourra postuler comme sous-directeur adjoint de la caisse unique pour le canton de Genève, section A, maladie avec le grade 1, car tous les directeurs de la santé des cantons soit 26 voudront manger au râtelier.