Le coup de sabre dans les prestations chômage inquiète les cantons

CONSEIL NATIONAL | Les coupes sévères infligées hier par les partis bourgeois à l’assurance chômage n’aidera pas vraiment les jeunes. Et cela pourrait coûter aux cantons.

© olivier allenspach | Les cantons aident les jeunes à entreprendre des formations

PATRICK CHUARD | 10.12.2009 | 00:00

La défaite est amère pour la gauche, après le sévère durcissement de la loi sur l’assurance-chômage, hier au National. Le référendum semble promis à une loi que le conseiller national Jean-Claude Rennwald (PS/JU) qualifiait de «scélérate» lundi. La droite assume la sévérité des mesures qu’elle a imposées (lire ci-dessous). «Je ne crois pas qu’augmenter la durée du chômage augmente les chances de retrouver du travail», lançait hier Charles Favre (PLR/VD).

Il n’empêche que la révision inquiète les cantons romands. D’abord parce que les régions les plus durement frappées par la crise ne pourront plus réclamer de prolongations temporaires du chômage de 400 à 520 jours (comme le demandaient Vaud et le Jura). «Comme d’habitude depuis quinze ans, Berne réduit les prestations et le report de charges se fera à long terme sur l’aide sociale, donc dans les cantons et dans les communes», fulmine le socialiste Pierre-Yves Maillard, ministre vaudois de la Santé et de l’Action sociale. «L’aide sociale vaudoise a déjà passé de 90 à 330 millions, il est probable qu’on frôle les 500 millions d’ici à quatre ou cinq ans.»

Eviter le chômage

Mais la majorité bourgeoise du National n’a-t-elle pas raison de vouloir inciter les jeunes à éviter le chômage? «Obliger les moins de 30 ans à accepter un emploi peu qualifié ou priver les universitaires fraîchement diplômés d’indemnités n’aura pas forcément un effet incitatif, pense Pascal Guillet, directeur de la Caisse cantonale d’assurance-chômage de Neuchâtel. S’il y avait des emplois sur le marché, on pourrait vérifier la portée de ces mesures.»

Priorité à la réinsertion

Pour la tranche d’âge des 15-24 ans, sévèrement touchée par la crise économique ces derniers mois, Genève et Vaud misent avant tout sur les mesures de réinsertion. Avec des effets spectaculaires. «En Vaud, en trois ans, nous avons pu soutenir plus de 500 jeunes pour les remettre en apprentissage. Un an après la fin de leur formation, on constate que 75% de ceux que nous avions aidés ont trouvé un travail», explique Pierre-Yves Maillard. A Genève, l’effort mis sur la réinsertion, toutes classes d’âges confondues, «a permis de réduire de 25% en deux ans la durée moyenne du chômage», souligne Bernard Favre, secrétaire général adjoint du Département de l’action sociale et de l’emploi.

Pierre Maudet remonté

Pierre Maudet, très remonté par la croisade antijeunes du National, acquiesce. Et le président de la Commission fédérale pour l’enfance et la jeunesse de renvoyer Berne à ses contradictions. «C’est sûr que la réinsertion est prioritaire. Mais justement, d’excellentes mesures de Doris Leuthard pour aider les entreprises à reprendre des jeunes, contenues dans le troisième plan de relance, ont été rabotées à 250 millions. Et maintenant on fait encore des économies sur le dos des jeunes? C’est irresponsable. De toute façon il y aura référendum et je ne donne pas cher de la peau de ce projet de loi devant le peuple.»

Concernant le risque d’un report des charges sur l’assistance sociale, Bernard Favre admet «qu’il existe bel et bien». Selon les statistiques nationales, une majorité de jeunes retrouve du travail dans un délai de six mois. Mais un chiffre livré le mois dernier par le Département fédéral de l’économie incite à la réflexion: le chômage de longue durée chez les jeunes de 15 à 24 ans a augmenté de 105% en une année.


Romands plus touchés par le chômage

La publication des chiffres du chômage pour le mois de novembre, hier par le Secrétariat d’Etat à l’économie (seco), est fidèle aux attentes: la hausse se poursuit, mais son rythme est en cours de ralentissement (lire nos éditions d’hier).

En novembre, le taux de chômage a augmenté de 0,2 point par rapport à octobre. A 4,2%, il atteint son plus haut niveau depuis près de six ans. Cette hausse, toutefois, s’explique surtout par des facteurs saisonniers: l’hôtellerie et la construction ont ainsi souffert, ce qui est typique pour un mois de novembre.

Et, selon Serge Gaillard, le chef de la Direction du travail au seco, les chiffres sont meilleurs que prévu.

Il est toutefois trop tôt pour crier victoire: le chômage va continuer à augmenter. Sur l’entier de 2009, l’administration fédérale table désormais sur un taux moyen de 3,7% (contre 3,8% précédemment).

Au rang des mauvaises nouvelles, le marché romand de l’emploi est particulièrement touché. Le plus déprimé étant celui du canton de Genève: il accuse une progression de 0,2 point en novembre (à 7,2%). La hausse est également de 0,2 point dans le canton de Vaud (à 5,7%). Ailleurs en Suisse romande, ce chiffre est de 6,8% dans le canton de Neuchâtel, 5,9% dans celui du Jura et 4,8% en Valais. Au final, seul Fribourg se situe en dessous de la moyenne nationale, avec un taux inchangé de 3,6%. Un peu moins bien que Berne, toutefois, et son taux de 3%.
(ats)




Vos commentaires sont les bienvenus. Soyez concis, courtois et pertinents. Les commentaires injurieux et hors sujet seront effacés. Pour plus d'informations, consulter notre charte internet ici. Pour signaler un abus manifeste, cliquez ici.
Par akira le 10.12.2009 - 12:01

Juste une réflexion, pour ceux qui tiennent des raisonnements à court terme: Si on fait perdre leur qualifications aux jeunes (on trouve ça, à plusieurs endroits dans le PROJET de loi), ils seront moins payés durant toute leur vie.
'
Avec de bons salaires, ils pourront, sans autre, payer des retraites et rembourser les éventuels déficits.
Si leur salaire est insuffisant, ils ne pourront pas.

> Signaler un abus

Par Dolane le 10.12.2009 - 10:37

Nous n'avons plus le choix, il faut un référendum pour contrer cette décision qui ne tient pas compte de la situation actuelle du travail, ni mème de l'avenir des emplois qui sont menacés.
Etant moi mème au chômage, je connais bien le problème.
Bien sur j'ai de la chance car j'ai un gain intermédiaire qui me permet de combler le manque à gagner.
Seulement voila, tout le monde ne trouve pas de boulot mème précaire pour compléter ses indemnités, si en plus on les réduit a peau de chagrin, il ne restera plus que le pont butin et la corde.
Comme je l'ai dit dans un autre post, continuons de donner du fric à tout le monde, les bons offices de la Suisse si généreuse, au détriment de son peuple.
Les chômeurs sont dans la catégorie des revenus bas et moyens salaires, c'est à dire ceux qui payent le plus d'impôts. Tarir leurs revenus, c'est tuer la poule aux oeufs d'or des recettes fiscales.
C'est une loi inique et dénuée de bon sens.
Bon sang il faut se réveiller et se faire entendre de manière moins helvétique, prenons exemple sur les pays qui nous entourent le peuple sait se faire entendre, et les gouvernements lachent du lest face à une économie paralysée, et presque moribonde.
Enterrons la paix sociale elle est d'un autre temps.

> Signaler un abus

Par Calvin_is_back le 10.12.2009 - 11:29

Personnellement, je préfère la solution que j'ai postée ci-dessus que la corde et le pont butin. Je reprendrai deux maximes à mon compte:

Plutôt mourir debout que vivre à genoux (Albert Camus, l'homme révolté)

Terrorisons les terroristes (les terroristes étant ici bien sûr nos poli-tocards véreux siégeant à Berne, je hais le personnage qui n'est autre que cette crapule de Pasqua, mais force est de reconnaître que son idée n'est pas forcément mauvaise !)

Et n'oublions pas que le .50 caliber Barrett sniper rifle est la solution à de nombreux problèmes !

> Signaler un abus

Par Coyotte le 10.12.2009 - 09:40

Il faut dès aujourd'hui demander à nos (brilliants?) décideurs résidant à Berne (Tous nos conseillers tant nationaux que fédéraux) s'il save ce que représente le fait d'être au chômage? Ce n'est pas toujours par choi.

Bien qu'ayant moi-même voté pour le libre passage, je me demande pourquoi il n'ont pas conservé le principe des quotas?

Certains emplyoeurs s'en donnent à coeur joie, de plus en plus, certains remplacent les postes occupés par des genevois ou confédérés par des personnes venant d'en dehors de la zone genevoise (France et autres. Peut-être faudrait-il que Mesdames et Messieurs nos conseillers essaient d'occuper pour un court laps de temps la place d'un chômeur, ils seraient alors mieux à même de voir si ce qu'ils percevraient serait de trop? Pensent-ils que l'on peut vivre avec à peine CHF 4'000,-- pour deux (quand encore on arrive à ce montant). Ils ont vraiment peur pour leurs privilèges et principes, mais pas tout le monde est employeur!

Réveillez-vous Mesdames et Messieurs les conseillers, ou cette situation va nous exploser au visage, combien de temps pensez-vous que nous resteront muets? Préparez-vous à devoir gérer une "Thunder Storm"!!! Le temps où les chômeurs demeuraient silencieux est dépassé. Travailleurs, levez-vous, vous pourriez être les prochaines victimes des abérrations commis par les décideurs.

> Signaler un abus

LES GALERIES D'IMAGES LES PLUS REGARDÉES

 

Vos meilleures photos d'archives de Genève

Qui est la plus belle de l'Univers?

Les créateurs de mode espagnols réunis à Valence

Emmy Awards 2010, les «Oscars» de la télé

Le Knie fête son retour à Genève

Finale du Championnat du monde de Motocross à Vessy

BLOGS TRIBUNE EN VUE aujourd'hui

Bonjour, Le responsable des blogs est en vacances - ça arrive! La sélection quotidienne est assurée par l'équipe www.tdg.ch. Le nouveau portail des blogs permet d'accéder à tous les blogs. En cas de problèmes, merci de consulter d'abord le blog des blogs. Et merci aux blogueurs de gérer les commentaires. Au plaisir de vous retrouver fin septembre. JFM

Scoop mobile

 

Sondage

  • Pensez-vous que le procès de la BCGe aura lieu?

    Avec le nouveau tirage au sort du jury, la tenue du procès en octobre est mois certaine que jamais.

    Oui, il aura lieu aux dates prévues

    Non, il se tiendra l'année prochaine

    Il n'aura jamais lieu

    Je ne sais pas

  •  
Tous les sondages

TDG sur Facebook

L'iPhone4 est arrivé


Disponible chez Orange