Le twirling, un sport en quête de reconnaissance
TWIRLING BÂTON | Chez elles, les Genevoises ont bien tenu leur rang aux championnats de Suisse.
© Georges Cabrera | Monica Ferreira
PHILIPPE ROCH | 11.05.2010 | 00:00
Présent sur le territoire helvétique depuis près de quarante ans – la Fédération suisse a été créée en 1972 – le twirling bâton cherche toujours à sortir de l’ombre. Celle – préjudiciable – de ces majorettes auxquelles le public les associe trop volontiers; celle aussi dans laquelle la relègue l’intérêt tout juste poli des médias. Les championnats de Suisse, qui se sont tenus au Bout-du-Monde, devant un public circonscrit au cercle familial, l’ont pourtant démontré: la discipline mérite mieux que l’indifférence.
Le twirling, qu’on se le dise, est un sport à part entière. «Il tient de la gymnastique pour les acrobaties et du patinage pour la musique et les costumes», explique Chantal Schärer, présidente du seul club du canton, le Twirling Club Genève. Surtout, il est bien loin de consister seulement à rattraper un bâton lancé au ciel: mouvements gymniques, figures acrobatiques, agilité, dextérité enrichissent les performances et en font, exprimé par les meilleures, un exercice de virtuosité.
Au niveau national – le twirling s’épanouit essentiellement en Suisse romande – Genève tient son rang. «Le nombre de nos membres, 25 actuellement, est en augmentation et depuis quelques années, nous sommes bien placées sur le plan suisse», précise Chantal Schärer. Les Genevoises s’alignent même régulièrement aux championnats d’Europe et du monde. L’an dernier, le duo juniors formé de Monica Ferreira et Sara Ruggieri a décroché la médaille de bronze continentale!
A 23 ans, Sonia Traversari compte 14 années de pratique derrière elle. Etudiante en sport à l’Université, elle s’entraîne trois fois par semaine. «J’ai été attirée vers ce sport par son côté original. Et puis c’est une discipline complète, qui requiert de la dextérité, du sens artistique, de la prestance», explique-t-elle. Sacrée en duo seniors aux côtés de Marine Estevez, elle a pris la 2e place en freestyle seniors, devant Monica Ferreira, malgré une prestation en demi-teinte: «La pression…»
Au total, ce sont quatre titres qui ont récompensé le Twirling Club Genève, pour un bouquet de huit médailles. Sacrées en duo benjamin, Pauline Folgar et Anaïs Ferraz ont également enlevé la compétition des «teams» avec leurs cinq coéquipières. La discipline se déclinant aussi au masculin, Jonathan Peirera Felipe – 9 ans, dont cinq de twirling! – a remporté le titre de freestyle benjamins au terme d’un show très rock…