Ge/Servette, ou la force tranquille des premiers de la classe
HOCKEY | Après leur succès aisé à Bienne, les Aigles sont de solides troisièmes.
© keystone | Thomas Déruns et Robin Breitbach ont connu une soirée assez tranquille, avec un nouveau succès à la clé.
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GRÉGOIRE SURDEZ/BIENNE | 30.11.2009 | 00:02
Y a comme une odeur de choux de Bruxelles dans le vestiaire genevois. Certains joueurs font la moue… Pas grave. Quand on a gagné, on est moins difficile. Après une défaite amère contre Langnau, Genève-Servette a remis les pendules à l’heure samedi soir au Stade de Glace.
Une victoire, propre, presque sans rature, qui conforte la place des Genevois dans le trio de tête. Au sortir de sa semaine bernoise (2 fois Bienne et 1 fois Langnau), Chris McSorley peut avoir le sourire. «Ça aurait pu être une semaine à neuf points, on en a récolté sept. Ce n’est pas si mal, glisse l’Ontarien. Je suis surtout heureux de la manière. Ce soir, nous avons retrouvé cette solidarité qui fait notre force.»
Discours habituel du grand manitou de Vernets. Il aime quand ses joueurs sont unis comme les (cinq) doigts de la main. Au-delà du cliché, éculé, il y a une réalité: ce Genève-Servette n’est pas fait pour épater la galerie. Il est en revanche habité par une sorte de force tranquille. Il y a dans la tête des joueurs cette certitude: «Si j’applique le système de mon coach, il y a de fortes chances que je quitte la glace avec le sourire et que j’évite un passage dans son bureau.»
C’est cette formule (magique?) qui a une nouvelle fois été appliquée au Stade de Glace. Ge/Servette, insensible aux malheurs d’un HC Bienne poissard (Nüssli et Steinegger sont partis à l’hôpital), n’a jamais vraiment tremblé. Les hommes forts – Tobias Stephan, Tony Salmelainen (meilleur buteur de la Ligue avec 19 réussites), Thomas Déruns, Juraj Kolnik – ont brillé. Les hommes de l’ombre se sont mis au diapason. C’est peut-être ça la force des Aigles, un système si bien huilé qu’il permet à des supposés seconds couteaux d’élever le niveau de leur jeu.
Bêtises adverses
John Gobbi dans le brouillard, Jeff Toms en costard, comment les Genevois allaient-ils gérer, digérer, l’absence de deux pions essentiels? Daniel Vukovic prend du galon (lire ci-contre) en compagnie de Marek Malik (le nouveau venu qui donne l’impression d’être là depuis des lustres). Chris Rivera assume un rôle de gratteur extrêmement précieux au sein du premier trio d’attaque.
Si la qualité du jeu a un peu – et logiquement – baissé d’un cran, les résultats sont là. Ge/Servette a aussi la baraka, cette réussite – qu’il faut savoir provoquer – qui accompagne les équipes de tête. Ces équipes capables de transformer en or les petites bêtises adverses.
Curtis Brown fait un «assist» à Paul Savary? Juraj Kolnik transforme en beauté l’offrande (2-1). Bienne joue à cinq contre quatre? Dégagement interdit. Engagement devant Reto Berra. Cadieux glisse la rondelle à Tony Salmelainen qui inscrit instantanément le 3-1.
«Ce soir on a eu la réussite, résume Daniel Vukovic. Contre Langnau, on avait essayé. Contre Bienne on a transformé.»
Vukovic, le bon soldat
Et si c’était le symbole de ce Genève-Servette qui surfe sur la vague du succès? Daniel Vukovic, 23 ans, (photo G. Cabrera) est sorti de l’ombre depuis deux semaines. Coéquipier modèle, bon soldat, le sympathique Canado-Suisse était souvent surnuméraire depuis le début de la saison.
«Mais il y a deux semaines, je lui ai parlé pour lui dire qu’il était temps d’agir», sourit Chris McSorley. Marco Maurer connaît une période un peu difficile et voilà «Vuko» propulsé dans le deuxième bloc défensif. Depuis, il aligne les performances convaincantes. «Je n’ai jamais douté que mon heure viendrait, explique-t-il. J’ai continué à bosser fort, en attendant…» Et puis, John Gobbi s’est fait scotcher sur la bande à la PostFinance Arena.
Et puis, Marek Malik est arrivé. C’est d’ailleurs avec le géant tchèque qu’il forme une paire de poids. «Je déteste l’idée de profiter de la blessure d’un copain. Mais c’est pour moi une chance incroyable, reconnaît-il. Jouer avec Marek, c’est un régal. Avec son sens du placement, il rend les choses faciles. Il me rend meilleur. J’apprends en le regardant et en plus il me parle souvent pour me conseiller. C’est clairement le plus grand joueur avec lequel j’ai jamais joué.» Et il ne parle pas que de sa taille.
(gsz)
Bienne - GS 1-4 (1-1, 0-2, 0-1)
Stade de Glace, 4380 spectateurs.
Arbitres: MM Mandioni, Arm et Küng.
Buts: 10e (9’48’’) Déruns (Salmelainen, Breitbach, à 4 contre 4) 0- 1. 11e (10’17’’) Bordeleau (Schneeberger, Steinegger, à 5 contre 4) 1-1. 29e Kolnik (Savary, à 4 contre 4) 1-2. 31e Salmelainen (Cadieux, à 4 contre 5!) 1-3. 57e Salmelainen (à 4 contre 6!) 1-4 (cage vide).
Bienne: Berra; Jackman, Trunz; Steinegger, Schneeberger; Fröhlicher, Brown; Meyer, Kparghai; Tschannen, Bordeleau, Nüssli; Lötscher, Peter, Bärtschi; Truttmann, Tschantré, Wetzel; Zigerli, Gloor, Beccarelli.
Genève-Servette: Stephan; Mercier, Bezina; Vukovic, Malik; Höhener, Breitbach; Rivera, Rubin, Kolnik; Déruns, Savary, Salmelainen; Cadieux, Trachsler, Suri; Randegger, Conz, Hürlimann; Pivron.
Pénalités: 9 x 2’, 1 x 10’ (Jackman) contre Bienne. 8 x 2’, 1 x 5’ (Mercier) + pénalité de match (Mercier) contre Ge/Servette.
Notes: Bienne sans Gossweiler, Fata, Ehrensperger, Seydoux (blessés) ni Salmonsson (malade). Ge/Servette sans Gobbi ni Toms (blessés).