Les questions sur les starlettes font enrager Silvio Berlusconi
ITALIE | En pointant les contradictions du chef de l’Etat italien s’expliquant dans l’affaire des starlettes et sur ses déboires conjugaux, «La Repubblica» fait enrager un Cavaliere toujours haut dans les sondages, mais qui perd trois points.
© afp/ap/2009 | Le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi entretient une relation ambiguë avec une starlette napolitaine de 18 ans, Noemi Letizia. Les péripéties conjugales et amoureuses du Cavaliere ont été décortiquées dans un article du quotidien «La Repubblica.
DOMINIQUE DUNGLAS | 16.05.2009 | 00:00
«L’envie et la haine pour un président du Conseil qui bat tous les records de confiance des citoyens sont les motifs évidents de la campagne diffamatoire de La Repubblica.» C’est un Silvio Berlusconi au bord de la crise de nerfs qui s’en est pris au principal quotidien romain.
La colère du Cavaliere a été provoquée par un long article publié jeudi par La Repubblica et intitulé «Les dix questions que nous posons à Silvio Berlusconi». Le journaliste Giuseppe d’Avanzo y décortique les péripéties qui ont conduit à la crise conjugale entre Silvio et sa femme, Veronica: la tentative de présenter sur les listes européennes une série de starlettes dont la seule légitimité était de servir au «divertissement à l’empe reur», selon Veronica Berlusconi, et la relation ambiguë liant le Cavaliere, âgé de 72 ans, à une mineure napolitaine.
La presse de droite a commencé
Le journaliste y confronte les faits avérés et la version donnée par Silvio Berlusconi à la télévision. Et il en résulte que les explications fournies prennent l’eau de toutes parts. D’où les dix questions précises destinées à éclairer les zones d’ombre.
Des questions restées sans réponses, car le Cavaliere a référé invoquer un complot. C’est d’ailleurs sa stratégie depuis le début de l’affaire. En effet, d’après Berlusconi, sa propre épouse l’a dénoncé publiquement car elle a été trompée par une campagne de presse mensongère organisée par l’opposition. Mais là encore, une étude méticuleuse des événements démontre le contraire.
Les premiers a évoquer les candidatures des jeunes starlettes aux Européennes ont été successivement Il Giornale, le navire amiral de l’empire de presse du Cavaliere, et Libero, un quotidien qui soutient le PDL, le parti majoritaire, et Farefuturo, le think tank de Gianfranco Fini, président de l’Assemblée nationale et numéro 2 du PDL. La presse de gauche n’a donc fait que reprendre les journaux de droite.
Mais il en faudrait davantage pour désarçonner un bateleur comme Silvio Berlusconi. Il se réfugie dans la dérision et chacune de ses apparitions
publiques est ponctuée par des plaisanteries douteuses. Hier encore, il a interrompu son ministre de la Jeunesse, qui présentait une série de projets de lois: «C’est ouvert aux starlettes, de préférence mineures? Alors, il faudra que j’y aille…»
Les Italiens suivent avec détachement les mésaventures sentimentales de leur chef de gouvernement; 84% d’entre eux affirment ne pas avoir changé d’opinion à son propos.
Certes, Berlusconi accuse une chute de 3 points de sa cote de popularité. Mais c’est peut-être davantage lié à la crise économique – le PIB italien a chuté de 5,9% – qu’aux frasques du Cavaliere. Et avec 66% d’opinions favorables, Silvio Berlusconi demeure de loin le leader européen le plus populaire.
Ben franchement, avec ce que l'Italie compte en belles femmes, il aurait pu en choisir une moins tarte.