Le PS français sombre dans le tout à l’ego
L'EVENEMENT | Qui sera le patron d’un Parti socialiste en miettes? Les militants en décideront. Ségolène Royal part favorite.Le Congrès de Reims s’achève sur une gueule de bois au pays du champagne. Il fut celui de la haine entre clans.Sarkozy et Bayrou parmi les vainqueurs de ce congrès. Delanoë fait figure de grand perdant. Avec le PS.
© AP | Les 4000 délégués du Parti socialiste réunis à Reims. Jeudi, les adhérents du PS éliront à bulletins secrets leur premier secrétaire national.
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JEAN-NOËL CUÉNOD REIMS | 17.11.2008 | 00:02
«Vous voulez mon avis? Ils sont tous nuls. Nuls à… à… je n’ose pas vous dire quoi!» Cette militante socialiste de base de Champagne-Ardenne a fait le chemin du Congrès de Reims emplie d’espoirs, vendredi. Elle l’a quitté dimanche matin pleine d’amertume. Devant le journaliste étranger, elle exprime sa colère de voir le PS français saccagé par les ambitions personnelles de ses dirigeants.
Une révolte largement partagée dans le Parc des Expositions rémois où les 4000 délégués du Parti socialiste ont participé à l’un de leurs plus calamiteux congrès. En effet, les «éléphantes» et «éléphants» se sont montrés incapables de se mettre d’accord sur l’orientation politique du principal parti d’opposition en France. Conséquence: c’est la survie même du PS qui se trouve en jeu.
Quatre équipes ayant à leur tête un «éléphant en chef» ont proposé chacune une «motion», c’est-à-dire un programme destiné à la reconquête de la présidence et de la majorité parlementaire: celles de Ségolène Royal (acceptée par 29% des militants), de Martine Aubry (25%), de Bertrand Delanoë (25%) et de Benoît Hamon (18%), chef de file de l’aile gauche.
Une commission s’est réunie dans la nuit de samedi à dimanche pour tenter d’opérer la synthèse de ces motions, ce qui aurait donné au PS, à la fois un programme général et un premier secrétaire national élu sur une large base, afin d’aborder l’élection présidentielle de 2012 dans de bonnes conditions.
Mater Dolorosa…
Peu après une heure du matin, l’équipe de Ségolène Royal plie bagage: «On a refusé notre main tendue», explique, façon Mater Dolorosa, la présidente de la Région Poitou-Charentes. L’alliance avec le MoDem du centriste François Bayrou constituerait la pomme de discorde. Les «royalistes» la prônant, les autres la refusant, Ségolène Royal a même proposé un référendum des militants sur ce sujet. Proposition rejetée par ses ennemis.
En fait, cette question n’est qu’un prétexte pour dissimuler les ambitions personnelles des chefs de clan. En effet, Martine Aubry elle-même a conclu un accord avec le MoDem pour conquérir la mairie de Lille!
Désaccords partout
Chacun pensait alors: «Les partisans de Martine Aubry et de Bertrand Delanoë, dont les positions sont quasi semblables, vont se mettre d’accord pour une candidature commune contre Ségolène Royal.» Eh bien, pas du tout! Les ennemis de l’ancienne candidate à la présidence de la République n’ont même pas réussi à tomber d’accord entre eux. Et cela uniquement pour des raisons d’ego boursouflés. Car de l’avis de délégués des deux clans, les questions de programme politique étaient résolues.
Mais voilà, si Delanoë ne réclamait rien pour lui-même, il a exigé que le candidat au poste de premier secrétaire national du PS soit réservé à l’un des siens. Il a essuyé le refus obstiné de Martine Aubry et de son équipe. Aussitôt, Bertrand Delanoë a déclaré qu’il ne briguerait pas la direction du PS: «Afin de ne pas ajouter à la confusion.»
Dès, lors la situation se présente ainsi. Les 232 511 adhérents du Parti socialiste éliront à bulletins secrets, jeudi dans leurs sections, leur premier secrétaire national. En lice: Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon.
La présidente de la Région Poitou part favorite, en raison de la concurrence exercée par Hamon à l’encontre de Martine Aubry. Bertrand Delanoë n’a donné aucune consigne. Mais hier à Reims, plusieurs des siens ont fait savoir qu’il déposerait un bulletin blanc dans l’urne.
Qui sont les perdants et les gagnants?
Les perdants. Le Parti socialiste français demeure le grand vaincu. Le climat de haine est tel entre les partisans de Ségolène Royal et ceux des autres «éléphants» qu’on se demande bien comment ces militants peuvent encore travailler ensemble.
Tous les éléments d’une scission sont donc réunis. «Il faut se rendre à l’évidence, le Parti va éclater», nous a confié un délégué de Mulhouse, membre du clan Delanoë. «Et il vaudrait mieux qu’il explose maintenant plutôt qu’à la veille de la présidentielle de 2012, afin que l’on dispose du temps nécessaire pour reconstruire une formation sur des bases enfin claires.»
L’autre grand perdant du Congrès de Reims est Bertrand Delanoë. Il espérait prendre la direction du PS. Le maire de Paris ne peut même plus poser sa candidature comme premier secrétaire. Dès lors, ses chances de briguer la présidence de la République s’amenuisent considérablement. Ce qui ne fait pas forcément l'affaire du premier ministre François Fillon qui lorgne vers la mairie parisienne comme piste d’atterrissage après Matignon.
Les gagnants. Le président Nicolas Sarkozy voit ses principaux opposants continuer à s’enfoncer dans le ridicule, alors que lui-même remonte dans les sondages d’opinion. C’est le grand vainqueur de ce congrès.
L’autre gagnant, c’est le centriste François Bayrou, patron du MoDem. Tous les orateurs du congrès ont dû se déterminer en fonction de sa nouvelle formation. Il devient ainsi l’opposant le plus crédible. (jnc)
La guerre des deux Roses est déclarée
Désormais, la guerre des deux Roses est déclarée entre Ségolène Royal et Martine Aubry. Lors des discours respectifs de ces deux ennemies, on a pu mesurer à quel point les «anti-Ségo» détestent les «pro-Ségo» et réciproquement. Applaudissements chaleureux alternant avec les huées haineuses.
Martine Aubry prononce ses discours sans brio mais avec une solide charpente qu’elle veut clouer à gauche. Et à gauche toute. «Il faut mettre enfin l’économie réelle devant la finance», insiste-t-elle en évoquant la crise actuelle et sous les vivats de son clan.
Comment opérer cette rocade dans la «vraie vie»? Mystère. La maire de Lille préfère soulever les applaudissements en poussant les socialistes à redescendre dans la rue afin de protester contre «la régression sociale imposée par Nicolas Sarkozy» et pour «défendre le service public menacé chaque jour par la droite au pouvoir».
A contrario, Ségolène Royal développe un discours maternant, compassionnel, régressif, tout à fait adapté à l’air du temps qui veut câliner les gens plutôt que galvaniser les citoyens. Les mots «affection», «amour», et même «tendresse» demeurent ses fétiches. Des mots qui ont paru ridicules dans le contexte venimeux du Congrès de Reims. Mais qui peuvent être fort bien perçus par la masse des électeurs non socialistes. Cette affectivité médiatique tranche d’avec la hargne et la grogne de ses adversaires au sein du PS.
Ce sont donc deux logiques qui s’affrontent. Celle de l’appareil politique puissant mais lourd et inadapté aux défis de l’heure. Le plus souvent, cette configuration est vouée à l’échec électoral. Et celle du populisme de gauche qui en appelle directement «aux gens» en jouant du charme personnel pour les guider «dans le bon sens». Cette stratégie est mieux adaptée à notre société médiatique mais elle rassemble les électeurs sur une base floue qui peut entraîner les dérives les plus imprévisibles et qui n’est pas propice à engager de profondes réformes.
Jean-Noël Cuénod/Reims
Bien dit @veryier01! Mais quoi que disent certains, malgré sont score aux dernières élections présidentielles française, de cette mégalo prétentieuse Mme Royal qui n'est guère impériale, avec elle la France serait dans la m....
Une chose est sure, le PS va rejoindre le PC dans les oubliettes.
La reconquête de la présidence et de la majorité parlementaire de l'utopie pure et simple.
La fouteuse de m.... Martine Aubry avec ses 35h sera incapable de régner comme cheffe du PS, sans projet et sans ambition sauf pour descendre dans la rue et emmerder le peuple avec ces grève à répétition.
Mme Royal, trop maternelle, manque totalement de discernement en ce qui concernela crise actuelle.
Quand au dernier M Hamon, je ne connait pas ce Monsieur.
Revoir le PS au commande de la France, pas avant 50ans, le PS français saccagé par les ambitions personnelles de ses dirigeants. Pour remonter ce parti, il faut faire table rase de tout ces vieux éléphants/tes Mitterandiste
qui veulent faire un retour en arrière de la gauche d'avant.
Ceux qui doivent se marrer, c'est l'UMP, et le MoDem de voir ce parti prendre l'eau et qui va couler lamentablement comme le Titanic, si profond que personnes n'ira le repêcher.