La manipulation du gourou des nobles

FRANCE | Arrêté à Zurich, puis extradé vers Bordeaux, il est accusé d’avoir séquestré et ruiné une grande famille du Sud-Ouest.

© AFP | La famille en question vivait dans le Lot-et-Garonne

Jean-Noël CUÉNOD Correspondant permanent à Paris | 09.11.2009 | 18:45

Un gourou aurait mis sur la paille une famille de nobles du Lot-et-Garonne après l’avoir manipulée et séquestrée pendant plus de huit ans!
Cet homme d’affaire de 45 ans, T., a été arrêté par la police cantonale de Zurich le 21 octobre dernier et rapidement extradé vers Bordeaux où le juge d’instruction Stéphane Lorentz l’a mis en examen pour «escroquerie, séquestration accompagnée d’actes de barbarie et de torture, extorsion de fonds et abus de faiblesse». T. — qui reste présumé innocent — est actuellement détenu provisoirement près de Bordeaux.

Cette affaire n’a pas encore fait les grands titres de la presse nationale outre-Jura. En revanche, les quotidiens Sud-Ouest et La Dépêche du Midi l’ont largement présentée. Un avertissement préalable: pour l’instant nous ne connaissons que la version donnée par le principal plaignant, Jean Marchand (62 ans), dont la femme et leurs deux enfants (32 et 30 ans) auraient été manipulés par le suspect.

Société secrète et trésor caché

Vers 1999, T. se serait approché de la famille de Védrines qui figure à l’annuaire de la noblesse française. Jouant de son charisme, il se rend indispensable, écarte tous les problèmes quotidiens et se fait passer pour un agent secret. Petit à petit, T. tisse sa toile, selon Jean Marchand qui a épousé Ghislaine de Védrines. Il persuade cette dernière — ainsi que ses deux enfants, ses beaux-frères et sœurs — que les Védrines doivent renouer avec une prétendue société secrète, «L’Equilibre du Monde», à laquelle cette famille appartenait jadis. Une société qui apparaît ponctuellement lorsque la planète est en danger et qui détient un trésor caché qu’il convient de récupérer.

Jean Marchand, dans cette version, s’oppose à T. en 2001. Il se fait rejeter par sa femme, ses enfants et les autres membres de la famille qui se claquemurent avec le gourou dans le château familial de Monflanquin (Lot-et-Garonne). Par la suite, ce château a été vendu. Sous la férule de T., les Védrines rejoignent Oxford et se défont progressivement de leurs biens.

Des membres de la famille parviennent à s'échapper

Jean Marchand se plaint en justice. En vain. Mais le dossier démarre dès février 2008 lorsque deux membres de la famille s’échappent de la tutelle du gourou et portent plainte contre T. Puis en mars 2009, Christine de Védrines — la belle-sœur de M. Marchand— parvient à fuir pour expliquer au juge d’instruction tous les mauvais traitements qu’elle aurait subis. Actuellement, le reste de la famille demeure à Oxford. Jean Marchand essaye de reprendre contact avec sa femme et ses deux enfants. Cette branche des Védrines est aujourd’hui ruinée.




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