Londres recommande d’acheter les talibans pour gagner la paix
AFGHANISTAN | Dans un nouveau manuel d’instruction dévoilé hier par le Times, l’armée britannique pousse ses commandants à utiliser l’arme monétaire. Pas très glorieuse, la pratique est pourtant très ancienne.
© AP/5 novembre 2009 | Bataillon anglais en poste à l’ouest de Lashkar Gah, en Afghanistan. «L’argent est un moyen d’empêcher la communauté d’apporter un soutien aux insurgés et permet aux militaires d’économiser un recours à la force», explique le général Paul Newton.
BERNARD BRIDEL | 18.11.2009 | 00:03
On dit de l’argent qu’il est le nerf de la guerre. Mais pour les stratèges de Sa Majesté dont les troupes pataugent en Afghanistan, il pourrait bien être le nerf de la paix, ou à tout le moins celui de la fin des hostilités. C’est en tout cas ce qu’il faut comprendre du nouveau manuel de directives pour contrer l’insurrection, destiné aux commandants britanniques sur le terrain et rendu public hier par le Times.
L’argent dissuasif
Selon le prestigieux quotidien, le manuel recommande aux officiers de fournir assez d’argent aux Afghans pour les dissuader de rejoindre les talibans, qui payent leurs nouvelles recrues locales 10 dollars par jour. «La meilleure arme pour contrer les insurgés c’est de ne pas tirer. En d’autres mots, d’utiliser des sacs d’or à court terme pour changer la dynamique de la sécurité», a commenté le général Paul Newton à l’occasion du lancement du manuel, lundi à Londres.
«Bien dépensé, dans un plan à long terme, l’argent est un moyen d’empêcher la communauté d’apporter un soutien aux insurgés et permet aux militaires d’économiser un recours à la force.»
«Toute idée d’«acheter» les talibans est complètement fausse», a protesté hier un porte-parole du Ministère de la défense, réagissant à l’article du Times. «La doctrine fournit des instructions sur l’importance de financer des projets qui ont rapidement un impact, et qui fournissent des résultats rapides pour gagner la confiance des populations locales», a relevé le porte-parole.
Les Romains achetaient les Huns… Déjà!
«On joue sur les mots, commente Joseph Henrotin, spécialiste des questions de défense au Centre d’analyse et de prévision des risques internationaux, à Aix-en-Provence. «Sur le fond, il y a peu de différence entre construire une école ou un dispensaire dans un village ou donner des liasses de dollars à un chef de tribu pour le dissuader de soutenir les talibans.»
Cela dit, «il n’y a rien d’étonnant dans ces pratiques, poursuit Henrotin. De tout temps les armées ont distribué de l’argent à leurs ennemis pour se garantir le calme. Pensez aux Romains et aux Huns. Quand les premiers ont cessé de payer, les seconds ont envahi l’empire»…
Reste que, «pour les militaires occidentaux, il n’est jamais très glorieux d’avouer qu’ils ont recours à de telles pratiques», dit encore le spécialiste. Et
de rappeler l’hypothèse selon laquelle les dix soldats français tués le 18 août 2008 dans une embuscade près de Kaboul l’auraient été parce que les militaires italiens qui les avaient précédés dans ce secteur avaient omis de leur dire qu’ils payaient les talibans pour éviter d’être attaqués.
"on ne peut pas acheter un afghan - on peut, tout au plus, en louer un ...pour le temps que ca l'arrange, lui!"
1842 & 1881 sont des dates qui ont très mal cicatrisé dans l'histoire militaire britannique - car à ces deux dates les troupes de sa gracieuse majesté (la reine victoria) dûrent quitter kaboul en conditions bien peu glorieuses.
donc, le proverbe sus-cité devrait faire partie de la culture militaire britannique (meme si tous les talibans ne sont pas de nationalité afghane)...
Si cette info est vraie, je peux affirmer que le commandement des forces britanniques se plante totalement en espérant arriver ainsi à contrôler les talibans.
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Pour info, le degré de corruption est le plus élevé en Somalie, la 2e place revenant... à l'Afghanistan.
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Donner de l'argent en espérant une forme de paix dans ce pays, c'est un peu comme donner de l'or aux cochons. La corruption est tellement dans les moeurs que ce n'est pas l'armée de Sa Majesté qui pourra la contrer....avec de la corruption. Toute la fortune de l'ancien British Empire va y passer !
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Une autre mauvaise note.
Ils font ce qu'ils peuvent ; moi à la place des talibans, je me méfierais ; avec les anglais c’est des milliers de fois pire qu’avec les escrocs des cartiers louches. La city vendait depuis des années de l’or sur papier un peu partout dans le monde – Hong Kong, Chine, Russie… et on vient de s’apercevoir qu’elle en a vendu mille fois plus de lingot qu’elle en avait dans ses coffres. Les Américains quant à eux vendaient du tungstène doré à qqs microns pour du 24k – et ni vu ni connu empochait des milliards avec cette arnaque joliment mise en place par le bonhomme au zizi biscornu. Très fair-play tout ça ; du vrai chic anglo-saxon.