L'armée colombienne accusée d'«exécuter» des indigènes
Genève | Des organisations non gouvernementales colombiennes ont dénoncé les «viols», «meurtres» et «exécutions extrajudiciaires» commises par l’armée contre les peuples indigènes de ce pays.
AFP | 13.08.2009 | 19:21
"L’armée se livre à des viols contre les femmes, des meurtres, des exécutions extrajudiciaires et des déplacements (de personnes)", s’est indigné un représentant de l’Organisation nationale indigène de Colombie (AICO), Luis Evelis Casama, pendant une conférence de presse à Genève.
Depuis le début de l’année, 64 indigènes ont été tués, selon les ONG présentes à Genève en marge de l’examen au Comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’ONU (CERD) de la situation des peuples indigènes en Colombie.
"Des civils sont tués et par la suite on nous dit qu’ils sont morts pendant les combats", a ajouté Edith Bastidas, également d’AICO.
Le représentant de l’etnie Wiwas (dans le nord du pays), Pedro Loperena, a admis le bien-fondé de ces accusations.
Le rapporteur du Comité de l’ONU sur le dossier colombien, Ion Diaconu, a de son côté fait état d’informations selon lesquelles des éléments de l’infanterie de marine colombienne auraient occupé une centaine de maisons civiles, obligeant 700 personnes à être déplacées.
Un autre membre du CERD, Régis de Gouttes, a demandé à la Colombie d’informer l’ONU des "instructions adressées à l’armée pour qu’elle respecte l’intégrité de ces communautés, notamment de ses lieux sacrés".
La Colombie a reconnu que certains de ses représentants des "forces publiques" avaient pu être impliqués dans des actes de violences. "Mais nous pratiquons une politique de tolérance zéro", a assuré l’un des membres de la délégation colombienne, Eduth Claudia Hernandez.
Bogota a estimé pour sa part que la plupart des violences contre les indigènes étaient attribuables aux "Forces armées révolutionnaires de Colombie" (Farc) ainsi qu’aux "nouveaux groupes armés étroitement liés au narcotrafic".
Les autochtones, qui affichent leur neutralité dans le conflit colombien, sont pris dans le feu croisé de l’armée, des guérillas d’extrême gauche et des paramilitaires de droite.