«Wikipédia va vers plus d’ouverture»
WEB | L’encyclopédie participative propose des mesures pour contrer le «vandalisme éditorial». La fin d’une époque pour le site autorégulé? Contributeur genevois expérimenté, Frédéric Schütz nous éclaire.
© NEWTON 2/LICENCE CREATIVE COMMONS | «Broadway Tower à Cotswolds, Angleterre»: photo élue image de l’année 2007 de Wikimedia Commons. Avec l’introduction de mesures de contrôle, Wikipédia va-t-elle se transformer en forteresse du savoir?
LUCA SABBATINI | 03.09.2009 | 00:00
Septième site le plus visité du Web, première source d’information pour des millions d’internautes, Wikipédia a su conserver jusqu’à aujourd’hui son fonctionnement autorégulé: n’importe qui peut y rédiger ou modifier un article. Mais le succès a un prix. Face au «vandalisme éditorial» galopant, qui consiste par exemple à annoncer la mort d’une personne bien vivante, l’encyclopédie participative s’apprête à tester des mesures de contrôle.
Evolution nécessaire ou fin d’une belle utopie?
D’ici deux à trois mois, révélait la semaine dernière Eric Moeller, directeur adjoint de la Wikimedia Foundation, la version anglophone de Wikipédia va généraliser les flagged revisions («révisions signalées») pour les articles sujets à controverse ou qui concernent des personnalités actives. Soit un système de publication différée, où les modifications les plus récentes ne seraient pas affichées par défaut. Elles resteraient néanmoins accessibles en attendant d’être validées par un contributeur expérimenté. Une méthode déjà testée et en cours d’évaluation sur le Wikipédia germanophone.
Loin de se fermer, l’encyclopédie irait au contraire vers «plus d’ouverture», estime Frédéric Schütz, «wikipédiste» genevois très actif (page Connexions du 19 mars 2009). Actuellement, certains articles «sensibles» peuvent déjà être verrouillés pour éviter des dérapages, empêchant toute modification. «L’avantage du système qui sera bientôt testé, c’est que de nouvelles contributions restent possibles, au prix d’une publication différée.» Même sur le Web, un ouvrage encyclopédique peut légitimement préférer la fiabilité de l’information à la rapidité de réaction…
Contrairement à ce qu’ont affirmé certains médias, les mesures envisagées ne s’apparentent donc pas à de la censure, insiste Frédéric Schütz. «Le but reste clairement de s’attaquer aux vandales, notamment à ceux qui s’en prennent aux biographies de personnes vivantes. Ce contrôle minimal est un moindre mal qui permettra d’éviter bien des problèmes et de renforcer la crédibilité de l’outil Wikipédia.»
Reste à définir le profil des «réviseurs» façon Wikipédia. «Seront-ils sélectionnés sur la base de leur ancienneté ou de la qualité de leur travail? Et quelle sera la responsabilité légale du contributeur qui aurait «raté» une modification potentiellement diffamatoire?» s’interroge Frédéric Schütz. Autant de questions soumises à la discussion sur les forums du site.
Code de couleurs
Une autre idée en développement répond au doux nom de WikiTrust («confiance»). Il s’agit d’un code de couleurs soulignant l’état de fiabilité d’un article. Un texte sur fond orange indiquerait l’œuvre d’un débutant ou une contribution de mauvaise qualité. Le fond blanc désignerait un article qui n’a plus été modifié depuis longtemps et passe donc pour correct.
Né à l’extérieur de la Fondation Wikimedia, ce projet universitaire «ne manque pas d’atouts», selon Frédéric Schütz. Et prouve la beauté du concept Wikipédia: chacun est libre d’en faire ce qu’il veut… à condition de respecter la vérité.
Nonmais,respecter la verité ne veut rien dire, car chacun a "sa", vérité, alors?
Le Wik est une excellente idée, mais tel qu'il est utilisé il ressemble à la "tour de Babèle",comment faire pour faire la différence entre un article fiable et un sophisme?
Alors il vaut mieux moins d liberté, que liberté inconditionnelle.
slim