Un site accueille nos chers souvenirs
WEB | «Notrehistoire.ch» invite les Romands à partager leurs trésors enfouis dans les greniers: vieilles photos, films Super 8 ou bandes sonores.
© DR | «Notrehistoire.ch». Image tirée d’albums photo privés, partagées par les créateurs du site.
LUCA SABBATINI | 29.10.2009 | 00:00
Ce jeudi à 18 h, la Suisse romande va retrouver sa mémoire… sur le Web. Grâce au lancement du site Notrehistoire.ch, plate-forme qui ambitionne de réunir les archives de la région. Sa particularité? Etre ouverte aussi bien aux institutions patrimoniales qu’aux simples particuliers.
«Il s’agit d’une fresque en images et en sons retraçant l’histoire de la Suisse romande au XXe siècle», lance avec un enthousiasme communicatif le webéditeur Claude Zurcher, archiviste à la TSR et à ce titre responsable de Notrehistoire.ch.
Né à l’initiative de la Fonsat, la fondation chargée de la sauvegarde du patrimoine audiovisuel de la Télévision suisse romande, le projet est unique en son genre. «A ma connaissance, c’est la première fois que le principe participatif, si répandu actuellement dans le Web, s’applique aux archives», se félicite Claude Zurcher.
Un air de réseau social
Aux côtés des documents historiques fournis par des bibliothèques cantonales ou la TSR, Notrehistoire.ch recueillera donc photos, films ou enregistrements privés des internautes. Du coup, le site y gagne un petit air de réseau social. Et en quelque sorte, c’est bien de cela qu’il s’agit: un lieu «où tous ceux qui conservent une parcelle de la mémoire de notre région» peuvent se retrouver pour déposer leurs trésors visuels ou sonores et les enrichir par leurs connaissances.
Développée par le Genevois Raphaël Briner, fondateur d’Hyperweek, l’architecture modulable du site permet une navigation aussi fonctionnelle qu’intuitive. Chaque document a droit à sa propre page, où sont précisées, entre autres informations, ses origines et sa date. Des «tags» (mots-clés qui servent à l’indexation sur le Web) et un espace pour d’éventuels commentaires sont également prévus. «Il y aura parfois un véritable travail de détective à mener pour identifier un personnage ou un lieu», note Claude Zurcher.
Les cuves de Beauregard
Les documents peuvent être réunis au sein de larges catégories – événements, personnalités, vie quotidienne – ou en groupes thématiques plus finement définis. C’est là que l’intersection entre patrimoine institutionnel et ajouts individuels peut porter ses fruits. «Comme je suis d’origine fribourgeoise, j’ai créé un groupe sur la brasserie Beauregard qui fut à une époque la rivale de Cardinal», confie Claude Zurcher. «On y trouve des images de l’inauguration des nouvelles cuves tirées de mon album familial, mais aussi un film sur le même sujet extrait des archives de la TSR.»
Nulle obligation d’ailleurs de tout partager. Notrehistoire.ch se situant «au croisement entre le public et le privé», les utilisateurs peuvent conserver la «privacité» des documents qu’ils confient au site. «Les images ne seront alors visibles que par leur propriétaire et ceux à qui il aura accordé l’autorisation d’y accéder, précise le webéditeur. Nous nous tiendrons bien sûr à un respect scrupuleux des droits d’auteur.» Ces archives pas comme les autres seront également modérées, «pour éviter toute dérive».
Mi-base de données, mi-site de réseautage, Notrehistoire.ch fera les délices aussi bien des historiens et des sociologues que des internautes curieux du passé. A vos greniers!