Les pressions contre les banques malmènent avant tout Genève
BANQUES | Le nouveau président de l’ASB, le Genevois Patrick Odier, monte à l’offensive. Selon lui, la solution «Rubik» d’une imposition à la source appliquée aux clients étrangers commence à séduire l’Union européenne.
© Olivier Vogelsang/10 novembre 2009 | Pour Patrick Odier, président de l’Association suisse des banquiers, le «pas important en matière d’entraide fiscale n’est pas suffisant». Plutôt que d’attendre de nouvelles attaques, l’ASB mise sur le projet «Rubik» (impôt prélevé directement et rétrocédé globalement au pays d’origine du titulaire du compte en Suisse) pour les négociations, entre autres, avec l’Union européenne.
ÉLISABETH ECKERT | 11.11.2009 | 00:01
A l’Association suisse des banquiers, les présidents changent. Le ton aussi. Mais pas la détermination qu’ont les banques helvétiques à défendre ce qui reste du secret bancaire. Pour ce faire, le successeur de Pierre Mirabaud, Patrick Odier, a trouvé la formule choc: «La place financière suisse veut et doit demeurer une place qui protège. En opposition avec les places financières qui cachent.»
A Genève, Patrick Odier est venu exposer la stratégie – le plan A – qui va dominer toutes les négociations que Berne va devoir conduire avec l’Union européenne qui, d’ici à 2013, veut obtenir un échange automatique d’informations, en ce qui concerne les dépôts bancaires, dans un pays tiers, opérés par ses ressortissants. «La Suisse, affirme ainsi le banquier privé genevois, a franchi un pas très important en matière d’entraide fiscale lorsqu’elle a repris l’article 26 de l’OCDE.» Pour rappel, cette adaptation a créé un véritable tremblement de terre: la Suisse ne fera désormais plus de distinction juridique entre escroquerie fiscale et évasion fiscale. En clair, le secret bancaire ne couvrira plus les étrangers qui auront caché de l’argent à leur fisc.
Garantir la sphère privée
Mais ce «pas important, ajoute immédiatement Patrick Odier, n’est pas suffisant pour satisfaire nos partenaires qui demandent encore davantage». Or, plutôt que d’attendre ces nouvelles attaques, l’ASB est parvenue à convaincre le Conseil fédéral – c’est lui qui négocie avec Bruxelles – d’adopter le fameux projet «Rubik», élaboré par l’Association des banques étrangères en Suisse.
«Rubik» repose sur un principe simple: la Suisse promet aux Etats européens de prélever pour eux le montant exact de l’impôt dû sur tous les revenus de la fortune déposée dans nos coffres par des ressortissants étrangers qui ne l’auraient pas fait directement. En échange de quoi, les banques suisses peuvent continuer à garantir à leurs clients – anciens ou nouveaux – la protection absolue de leur sphère privée.
Selon Patrick Odier, la solution «Rubik», qui a fait ricaner lorsqu’elle a été présentée cet été, est en train de «faire son chemin au sein de l’UE». Ainsi, l’Italie ou l’Allemagne réfléchiraient déjà à l’adoption de ce système. «Nous avons le secret espoir qu’avec ces deux locomotives européennes, d’autres suivront», affirme encore le président de l’ASB. Et pourquoi pas, demain, l’ensemble de l’Union européenne?
Une grande inquiétude
Hier, d’ailleurs, les deux pays membres que sont l’Autriche et le Luxembourg ont eux aussi envoyé valser les autres capitales – telles Londres ou Paris – qui ne jurent que par l’échange automatique d’informations en matière fiscale. Pour la place financière suisse, tout repose désormais sur la fermeté de Berne à imposer son «Rubik».
Car à entendre Benoît Dumont, président de JPMorgan (Suisse) et membre de l’Association des banques étrangères, «la réputation de la Suisse a été malmenée par l’affaire UBS aux Etats-Unis. Et ses conséquences seront durables. Ce qui s’est passé pour cette noble institution (ndlr: UBS), tombée de son piédestal, a un impact certain sur la gestion de fortune helvétique.» Ce choc a, selon lui, créé une grande inquiétude auprès des clients étrangers. «Et la forte pression qui continue à s’exercer sur la Suisse frappe particulièrement Genève.»
Les banquiers suisses sont réduit à jouer au Rubik cube...Quelle dégringolade
Le secret bancaire est mené à disparaître. Les banquiers doivent trouver autre chose que l'évasion fiscale. Qu'ils investissent dans des projets porteurs pour la Suisse et pour son tissu économique. La banque doit faire partie du développement des entreprises et pas le soutien à des riches qui veulent pas payer d'impôt. Avec les banques et les universités (epfl...), la Suisse pourrait être un leader dans beaucoup de domaines mais il n'y a pas de volonté et aucune prise de risque.
Dans la vie il y a toujours le ying et le yang. Si les banques font moins de bénéfices, cela rétablira un certain équilibre dans les salaires et les bonus des traders. Ce n'est un secret pour personne que dès qu'il y a un trop grand écart entre les hauts salaires et la classe moyene, cela gonfle les prix - chose qui s intitule l inflation. La classe moyenne a tout a y gagner avec ce redressement naturel des marchés par concours de circonstances.
c'est vrai que dans les banques (à Genève) il n'y a que des traders... pauvre fille... c'est triste d'être si étroite d'esprit...
C'est vrai, il y a aussi les pauvres employés de banque qui siègent dans les conseils d'administration.
vraiment aucunes idées... faut être très au courant pour en dire une pareille... dans les conseils d'administration il n'y a pas des employés de banque, mais des avocats d'affaires, des politiciens...
C'était de l'ironie...
On peut se demander quel serait l'avantage pour un contribuable de déplacer sa fortune vers la Suisse si elle se trouve taxée au même taux que dans le pays d'origine...Les banques ne verront pas leur marge augmentée puisque la fortune sera déclarée et donc il n'y aura pas le "premium" du risque...
Un avantage, non crié sur les toits, serait que Rubik validerait les périodes antérieures à son introduction...Les petits malins qui attendraient seraient donc avantagés (prime à l'attentisme face aux amnisties fiscales)...Je doute que l'EU tombe dans un tel piège...
Par ailleurs, son application repose sur la "bonne foi" du banquier...Un procureur tessinois a emis des doutes à ce sujet.
Pour le secret bancaire, partie intégrante des droits de l'homme, c'est une élucubration du think Tank, Constant de Rebecque, neo-liberal...Elle a été émise dans le Matin dimanche par un de leur jeune chercheur...
Le Luxembourg et l'Autriche refusent l'échange automatique d'information mais devront s'y contraindre car ils sont au sein de l'Europe. La domiciliation dans ces pays est déja remise en cause par l'association anglaises des gestionnaires de fonds qui veulent rapatrier dans la City les actifs anglais...La crise fait voir les avantages du filet de sécurité national au détriment de la rentabilité supposée d'une présence offshore ou se bousculent moins de clients.
C'est un peu la directive Bolkenstein, le citoyen polonais qui va travaviller en Allemagne est payé au même tarif que celui qui est pratiqué en Pologne, soit l'infirmière française qui vient travailler à Genève est payé au smic, quelle excellente idée. Une excellente idée, comme cela il y aurait moins de frontaliers et plus de résidents suisses, c'est aussi cela l'identité nationale.
En plus, ce n'est pas l'Europe qu'il faut regarder mais les pays asiatiques et les pays arabes, c'est là que se trouve la richesse et pas en Europe. Du reste, les genevois riches s'expatrient et prennent pied à Dubai, ce n'est pas pous rien, il n'y a plus d'impôts pour aller engraisser les fonctionnaires genevois de mauvaise graisse mais pour les muscles sveltes du citoyen.
Et en plus le système bancaire est moins contraignant que celui qui existe en Suisse, et en plus, les milliards pleuvent, car c'est de l'argent du pétrole !
A force de scier la branche sur laquelle, les banquiers genevois sont assis, elle finira bien par craquer la branche !
Il est clair que pour tous les intervenants, si j'ai 1 mio, je vais chercher l'endroit qui me garantit la condifentialité et un taux d'impôt égale à zéro, je ne vais certainement pas choisir un banquier qui transmet votre nom aux services fiscaux comme c'est le cas en France, où après 20 ans votre 1 mio est grignoté par les services de Bercy, qui le lame l'engonce le défonce et le suce. Je cherche un pays où c'est mon mio qui est victorieux pas des fonctionnaires ou des Etats qui vivent au-dessus de leurs moyens !
Si le secret bancaire fait partie d'un des Droits de l'Homme, alors abolissons les certificats de salaire délivrés aux salariés à l'intention du fisc! C'est vraiment n'importe quoi!
"«Rubik» repose sur un principe simple: la Suisse promet aux Etats européens de prélever pour eux le montant exact de l’impôt dû sur tous les revenus de la fortune déposée dans nos coffres par des ressortissants étrangers (...)."
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Ouais super génial. Mais, l'impôt, il n'y a pas que celui sur le revenu. Il y a aussi celui sur la fortune, sur la succession, etc., tous ces merdiers. Alors, pour prélever ces impôts-là, on a besoin de connaître le nom du type et sa situation financière, rien que pour déterminer le taux d'imposition. Est-ce que je me trompe?
J'ai des doutes que le client souhaite être taxé au même taux que chez lui, à ce moment-là, il peut encore se déplacer à Singapour pour ouvrir un compte ou à Dubai, où les prélèvements fiscaux égalent zéro et la presssion fiscale inexistante.
Un signe ne trompe pas, les banquiers font de la pub, c'est mauvais signe, cela signifie que leur légendaire discrétion est mise à mal, il est vrai que Berne dort, Merz est incompétent empêtré entre la Libye, l'Italie et ses réformes.
Il est vrai que l'on se demande quel client veut encore ouvrir un compte à l'ubs quand la banque lui donne le coup de grâce en plus dans le dos et par derrière.
Quant à Genève, les rentrées fiscales n'ont qu'à diminuer fortement, tout le système est axé sur le gaspillage des ressources du contribuable, c'est une bonne chose la rigueur, moins de frontaliers, moins de fonctionnaires. moins d'argent.