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Michael Graetzel, pionnier du solaire, est enfin roi dans son pays

PRIX BALZAN | Michael Graetzel a reçu hier un million de francs des mains de Doris Leuthard. Une gratification de nature à favoriser l’envol industriel des cellules solaires à colorant.

© Keystone | Michael Graetzel et Doris Leuthard

EMMANUEL BARRAUD | 21.11.2009 | 00:00

Distinctions, gros sous et solennités. Hier, sous la Coupole fédérale, la ministre de l’Economie, Doris Leuthard, a généreusement distribué 4 millions de francs à des scientifiques, citant Kennedy: «Une seule chose coûte plus cher que la formation: la non-formation.»

Mais cette largesse n’était confédérale qu’en apparence. Il incombait à la vice-présidente de la Confédération de procéder à la remise du Prix Balzan, doté par la fondation du même nom, à ses quatre lauréats. La cérémonie se déroule chaque année, en alternance entre la Suisse et l’Italie.

S’il est moins connu que le Nobel, ce prix n’a rien à lui envier, ni son prestige ni sa prime (un million de francs par lauréat). Particularité du Balzan, la moitié de la somme versée doit être investie dans un projet scientifique impliquant un jeune chercheur.

Hier, Michael Graetzel figurait parmi les heureux béné­ficiaires. Allemand d’origine, l’inventeur de la cellule solaire à colorant – connue dans le monde entier sous le nom de «cellule Graetzel» – était enfin récompensé dans son pays d’adoption pour la ténacité avec laquelle il a promu sa création, parfois contre vents et marées, pendant près de vingt ans.

Découverte révolutionnaire

A l’heure où commencent à fleurir, en Suisse comme ailleurs, des projets commerciaux basés sur cette technologie, ce prix pourrait donner un coup d’accélérateur. «Cette récompense démontre le sérieux et l’avenir de nos recherches, et l’industrie aime être rassurée, estime Michael Graetzel. L’importance du montant de ce prix permettra en outre de provoquer un effet de levier vers une application industrielle.»

La machine est donc lancée, dix-huit ans après l’invention de cette technologie révolutionnaire dont la première description dans Science date de la fin de 1991. Enfin? «Vu l’extrême optimisme suscité à l’époque, cela peut paraître long. Mais comparé à la plupart des inventions, c’est en fait extrêmement rapide», précise le professeur de l’EPFL. Avant d’avouer que la défection, en 1992, de ses partenaires industriels des premiers jours, Sandoz et ABB, lui a bel et bien mis du plomb dans l’aile. «Il nous a fallu du temps pour nous retourner. Les années 90 ont été difficiles.»

L’Allemagne à la pointe

Le tournant du siècle aura marqué un déclic. L’impulsion pour l’énergie photovoltaïque est venue d’Allemagne et de ses subventions pour le courant d’origine solaire. Les nouveaux débouchés pour les industries de ce secteur ont créé une lame de fond. «Mais cela reste un marché très fragile, à la merci des décisions politiques», regrette Michael Graetzel.

Cette fâcheuse dépendance aux programmes d’incitation touche peut-être à sa fin. Les capteurs à colorant peuvent coûter jusqu’à dix fois moins cher que leurs «ancêtres» au silicium et ne cessent d’améliorer leur efficacité. A Cardiff, en Grande-Bretagne, la société G24i a inauguré le mois dernier son usine de production de capteurs souples. De petits modules sont aujourd’hui cousus sur des sacs qui font fureur à Hongkong. D’autres licences ont été vendues au Japon, notamment à des sous-traitants de l’industrie automobile. Plus proche de nous, à Aubonne, la société Solaronix a lancé son usine pilote de verres solaires transparents, qui permettent d’envisager toutes les folies en termes d’intégration architecturale.

Inudustrialisation en vue

L’âge d’or de la cellule à colorant approche visiblement. Mais Michael Graetzel, lui, pense déjà à la suite. L’énergie solaire n’aura de véritable avenir pour la consommation humaine que lorsqu’on aura trouvé le moyen de la stocker. Des processus très prometteurs de fabrication directe d’hydrogène à partir du rayonnement solaire sont déjà sortis des laboratoires de l’EPFL. De même qu’une amélioration des batteries au lithium qui a conquis le leader américain de l’industrie chimique, Dow Chemical, acquéreur de la société High Power Lithium, cofondée par Michael Graetzel lui-même.




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Par genevoisrien le 22.11.2009 - 23:42

Ce prix couronne peut-être aussi des recherches poursuivies avec d'autres étudiants par ce même professeur :

  • http://infoscience.epfl.ch/search?p=recid%3A141885&rm=wrd

  • http://www.dyesol.com/conference09/page/Conference+Programme

  • Site de l'entreprise des frères jumeaux Andreas & Toby MEYER :
    http://www.solaronix.com/

  • Hommage avec la photo des jumeaux :
    http://current.com/items/89091097_see-thru-solar-panels-could-double-out...

  • Par Vierotchka le 21.11.2009 - 14:50

    En fait, ce sont les frères jumeaux Andreas et Toby Meyer qui ont découvert et inventé la photosynthèse artificielle il y a plus de vingt ans - pourquoi est-ce que Michael Graetzel reçoit tous les honneurs et ce prix pour l'invention d'autres personnes? Simplement parce qu'il était leur professeur à l'EPFL?

     

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