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L’art de payer et de n’avoir rien à dire

ÉDITORIAL | L’onde de choc est assourdissante. Et la colère, devant les automates à billets d’UBS, froide mais grande. Il faut dire que la grande banque suisse aura tout fait pour agacer les Helvètes, dont un sur trois y possède un compte.


Elisabeth Eckert, responsable de la rubrique Economie | 17.10.2008 | 00:00

L’onde de choc est assourdissante. Et la colère, devant les automates à billets d’UBS, froide mais grande. Il faut dire que la grande banque suisse aura tout fait pour agacer les Helvètes, dont un sur trois y possède un compte. Les dénégations de fragilité, reprises en chœur par les autorités fédérales. Les erreurs constantes de communication, désécurisant gravement les dizaines de milliers de collaborateurs en Suisse. Et surtout les graves manquements de prudence, fustigés hier par un rapport de la Commission fédérale des banques, voire l’absence de simple bon sens, préconisé pourtant pour tous les spécialistes du risque du monde. Oui, UBS aura tout fait pour fâcher son monde.

L’Etat vient donc au secours d’UBS. Point. Swissair et les anciens responsables de la Banque Cantonale de Genève vous saluent, qui, eux aussi, auront caché, voire menti sur l’ampleur des pertes. Et actionné, à minuit moins cinq, les pouvoirs publics, garants de l’intérêt général. A l’heure qu’il est, plus personne dans le monde occidental ne questionne plus la nécessité des plans de sauvetage. Les banques – dont le métier de base est, rappelons-le, d’être la pompe à oxygène de toute économie réelle – ne sont effectivement pas des entreprises comme les autres. UBS, à elle seule, soutient 70 000 PME en Suisse, c’est-à-dire plus d’un million d’emplois.

Sauver cet institut bancaire (de même que le Qatar vient de le faire pour le Credit Suisse) est donc une évidence, une nécessité. Fallait-il, pour la Confédération, le faire comme cela? Certainement pas! Le modèle choisi par Berne est en effet la parfaite illustration de la privatisation des profits et de la socialisation des pertes. Lorsqu’UBS ira mieux, la Confédération (le contribuable, in fine), transformée en actionnaire très largement minoritaire, ne retirera que des «peanuts» en dividendes. Tandis que les investisseurs historiques bénéficieront très largement de l’embellie, alors même qu’ils n’ont rien contrôlé. Pire, sans doute, ont poussé, pour le fameux rendement, à la roulette russe.

A contrario, à la Banque nationale suisse – propriété à 100% des Suisses, par le biais des cantons et de la Confédération – d’assumer la liquidation des actifs dits à risques. Et d’effacer, une fois de plus, les errements les plus crasses d’un management à 24 millions de salaire annuel.




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Par Jerry le 18.10.2008 - 11:07

@Sanibroyeur : Je rappelle tout de même qui si l'UBS n'est pas responsable de la débâcle financière de Swissair, elle l'est de son grounding en tant que tel, avec les conséquences que l'on sait. Le film "Grounding" et le document réel de la TV suisse se recoupent parfaitement sur cet état de fait. Par ailleurs, les milliards engagés par la Confédération pour Swissair ont sauf erreur de ma part été entre temps remboursés, avec la satisfaction d'avoir une aviation civile qui se porte bien, et des milliers d'emplois qui ne sont pas partis en fumée. Je ne conçois pas cela comme une ânerie.

Par café le 17.10.2008 - 13:01

...pourquoi avoir pris le peuple pour des idiots... et lui avoir fait croire, que La Banque Suisse, était mieux et au dessus des autres ?

Nous sommes toujours les derniers pauvres cons à être informés !

Donc on peut continuer à faire verser des salaires indécents aux cadres dirigeants incapables, mais l'Etat ne peut pas aider le peuple pour l'assurance maladie ou une retraite flexible ? Je suis dégoûté et je ne suis pas de gauche !

Par sanibroyeur le 17.10.2008 - 12:09

Autant la tentative de sauver la compagnie d'aviation "nationale" était une immense ânerie, autant les répercussions d'une faillite de l'UBS seraient autrement plus dévastatrices que la pitoyable faillite de ZuriAir (oups Swissair). L'UBS (et le CS) sont des poumons de l'économie, nous avons malheureusement du choisir entre la peste et le choléra... Consolons nous en disant qu'en agissant ainsi, il est probable que nous perdions moins qu'en ne faisant rien.

Par café le 17.10.2008 - 07:34

Sauver l'UBS, OUI, mais pas sur le dos du contribualble en versant les bonus de plusieurs millions aux cadres de l'UBS ¨!

Entendu ce matin sur la Rsr, que l'UBS allait tout de même verser les bonus aux cadres !!!!

L'Etat (NOUS) ne doit pas ACCEPTER et demander des comptes avant d'engager l'argent du peuple !

 

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