UBS promet à ses petits actionnaires des jours meilleurs
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE | Le géant bancaire s’est livré durant quatre heures à un exercice de taille devant 2400 actionnaires:
restaurer la confiance en son établissement.

© Keystone | Peter Kurer, président d’UBS. «J’ai pleine conscience que le rétablissement d’une bonne réputation dépend aussi de l’adaptation de nos modèles de rémunération, y compris les primes, à la nouvelle situation du secteur financier.»
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ÉLISABETH NICOUD BÂLE | 03.10.2008 | 00:00
Assemblée générale extraordinaire d’UBS, 27 février 2008: 4200 actionnaires déversent leur colère face à un Marcel Ospel visiblement éprouvé qui finira par s’éclipser par la petite porte quelques semaines plus tard. Assemblée générale extraordinaire du 2 octobre 2008: la nomination de quatre nouveaux administrateurs est acceptée à la quasi-unanimité par les quelque 2400 actionnaires ayant fait le déplacement jusqu’à Bâle, tout comme les propositions de modification de principes de gouvernance.
Un plébiscite à l’issue convenue. Mais l’essentiel se trouve ailleurs. Hier, dans la salle des congrès de St. Jakob, la nouvelle équipe dirigeante d’UBS s’est livrée, durant quatre heures, à un exercice de fond: réinstaurer la confiance en un établissement, l’un des plus touchés au monde par la crise du subprime, qui a vu disparaître 44 milliards de francs outre-Atlantique.
Premier argument de taille; la banque ne devrait pas replonger dans les chiffres rouges au troisième trimestre, dont les chiffres seront publiés le 4 novembre, mais boucler sur un «faible» bénéfice. Cap sur un retour à la rentabilité en 2009, un versement des dividendes et surtout un rétablissement de la réputation de la première banque suisse en 2010, promet l’ancien avocat d’affaires. £
Pour ce faire, outre la refonte organisationnelle et stratégique déjà annoncée en août – notamment l’abandon du modèle de banque intégrée et la création de comités stratégique et de risque sous la houlette de Sergio Marchionne – c’est un style de communication plus humble que Peter Kurer, le président d’UBS, et Marcel Rohner, CEO, ont instauré.
Interventions virulentes
Une attitude hautement recommandée par tout psychologue pour surmonter les périodes de crise. Les interventions, virulentes s’il en est – «On nous prend tous pour des cons!» clame ainsi un petit actionnaire – sont longuement revenues sur les salaires et autres bonus pharaoniques. «J’ai pleine conscience que le rétablissement d’une bonne réputation dépend aussi de l’adaptation de nos modèles de rémunération, y compris les primes, à la nouvelle situation du secteur financier», assure Peter Kurer, pour qui la pratique des parachutes dorés est bientôt terminée.
«Un administrateur UBS gagne en moyenne 630 000 francs, alors qu’un conseiller fédéral touche 450 000, avec une telle surcharge de travail que cela conduit parfois à un infarctus du myocarde», lance un autre actionnaire qui propose de réduire la rémunération des quatre nouveaux administrateurs, en l’occurrence Bruno Gehrig, Sally Bott, Rainer-Marc Frey et William Barrett…
Enfin, à l’heure où les plus folles spéculations hantent l’imaginaire d’un pays encore traumatisé par le grounding de Swissair, nombreux se sont inquiétés des risques encore à venir du côté des Etats-Unis. «Nos épargnants tremblent pour leurs avoirs et c’est bien naturel, ajoute Peter Kurer. Mais notre banque est solide, avec des liquidités en suffisance et un bilan réduit.»