Offrez-vous un baptême de l’herbe, c’est le pied!
Randonnée | Randonnée sans chaussures ni chaussettes? A découvrir dans le massif du Chasseral.
© ODILE MEYLAN | L’herbe tendre chatouille lorsqu’elle se glisse entre les orteils! La marche en moyenne montagne offre des sensations étonnantes.
ANNICK CHEVILLOT | 04.07.2009 | 00:00
C’est divin. Simple, évident et pourtant surprenant. Le fait de marcher pieds nus dans la nature procure un plaisir étonnant. «J’en avais assez de me déplacer l’été en montagne avec de gros souliers, explique Corine Estoppey, accompagnatrice en moyenne montagne. Je les ai simplement enlevés et me suis libérée.» Fin juin, elle partageait ce plaisir pour la première fois au Mont-Sujet (au-dessus de Diesse, à l’ombre du Chasseral). La jeune femme de 29 ans, domiciliée à La Chaux-de-Fonds, désire faire «découvrir la nature par les sens».
Allez-y doucement!
Bien pensée, son escapade dans le Jura bernois – pour l’instant la seule en Suisse romande – compte un temps de marche de nonante minutes pour quatre heures d’accompagnement. «C’est que lorsqu’on n’est pas habitué à gambader pieds nus, il faut y aller doucement», poursuit Corine.
Il est vrai que les vingt premières minutes sollicitent les muscles. L’herbe est tendre et chatouille lorsqu’elle s’enfile entre les orteils, les cailloux s’évitent facilement et massent la plante, la mousse se fait sensuelle sous le talon, les feuilles mortes humidifient. Suprême délice: la boue. «C’est carrément régressif!» lancent Anne, Sylvie et Nathalie, toutes trois de Neuchâtel.
Pour une personne en bonne santé, marcher pieds nus stimule les zones réflexes et muscle le pied. Une musculature qui soulage les articulations en permettant aux pieds de jouer enfin leur rôle: amortir les chocs. Du coup, genoux et colonne vertébrale sont soulagés.
Pour ceux qui sont effrayés à l’idée de marcher sur un chardon, un insecte ou de se faire mordre par une tique? «Je réponds simplement que je choisis des parcours adaptés, rassure Corine Estoppey. Et les tiques sont surtout présentes en forêt, dans les buissons. Si on évite ces endroits, le risque est très limité.» Boue et pré fleuri n’attendent plus que vos petons!
A se déplacer ainsi, on observe surtout le chemin pour éviter les petits bouts de bois qui piquent, les cailloux saillants et les bouses de vache. On remarque ainsi plus volontiers les herbettes, les pâquerettes et les boutons d’or.
Corine s’arrête souvent pour présenter des aliments: «Là, vous avez une raiponce. En allemand, elle s’appelle «griffe du diable». Cette fleur comestible est délicieuse dans une salade. Ici, vous avez une alchémille, que l’on appelle aussi «manteau des dames». En tisane, elle soulage les douleurs menstruelles.
»Plus loin, vous avez de la pimprenelle, qui assaisonne un fromage frais.» Tout ce qu’elle trouve se transforme en recettes, même les orties! Après une leçon de Land-art, une marche silencieuse sur un chemin pierreux et une grosse frayeur – les fils électrifiés des enclos à vaches sont violents lorsqu’on est une va-nu-pieds – on termine la boucle ravie.
L’effet circulatoire est immédiat. Avant de renfiler ses chaussures, Corine invite à se poser un instant pour essuyer et masser ses pieds retrouvés.
❚ Prochaines randonnées pieds nus: 11, 18, 19 juillet; 1er, 2, 8 et 29 août; 19 septembre. Prix: 35 fr. par adulte, 20 fr. pour enfant jusqu’à 16 ans, collation incluse. Sur Internet: www.voyagenature.wordpress.com
Personnes à risques: renoncez
Si la marche à pieds nus dans les pâquerettes est un véritable délice pour la plupart des personnes en bonne santé, elle peut devenir dangereuse pour les marcheurs ayant des problèmes artériels, les personnes souffrant d’immunodépression et les diabétiques notamment.
Le diabète, par exemple, diminue la sensibilité des pieds. C’est ainsi qu’une blessure, même insignifiante, pourrait passer inaperçue et s’infecter.