Un ex-salutiste sanctionné de deux ans de prison avec sursis
VIOL | Il a été reconnu coupable de viol et de contrainte sexuelle. Catherine Focas | 20.11.2009 | 23:49
«Je suis d’abord responsable face à Dieu et ensuite face aux hommes», a dit, hier, l’ex-officier de l’Armée du Salut jugé pour viol et contrainte sexuelle par la Cour correctionnelle (nos éditions d’hier). Il explique avoir reçu, très jeune, un «appel». Son ministère est une «vocation». Il a toujours agi avec «éthique et morale» afin d’échapper à la «punition éternelle». Il est donc évident qu’il n’a rien fait de mal.
Armée du Salut et Blocher
Comment explique-t-il alors les accusations des trois plaignantes? Il ne met pas en doute leur souffrance. Quelqu’un les a agressées sexuellement. Mais pas lui. Il ajoute: «Nous, pasteurs, nous vivons avec le risque d’être salis. Ces personnes sont démunies. Elles n’ont pas d’assurance maladie ni de logement. Si nous ne leur apportons pas de réponse favorable, elles nous en veulent.»
Le complot. C’est sa thèse et celle de ses avocats, Mes Muriel Pierrehumbert et Patrick Udry. A la barre des témoins, la députée PDC Anne-Marie Von Arx-Vernon a affirmé que «la vraie victime de ce procès est l’accusé». La preuve? Le refus de deux femmes de porter plainte contre lui. Alors qu’elle avait proposé de les faire accompagner par les députées Anne Mahrer et Laurence Fehlmann Rielle. Ce refus prouve, selon elle, que leurs doléances étaient mensongères et qu’il s’agit véritablement d’une «machination» de l’Armée du Salut pour se débarrasser du prévenu. Pourquoi? Parce qu’il travaillait avec des personnes en situation illégale alors que «l’Armée du Salut suit une politique beaucoup plus proche de Blocher».
Ce témoignage s’écroule rapidement face aux questions du substitut du procureur, Yves Bertossa. La députée admet qu’elle ne connaît pas les femmes dont elle parle, qu’elle ne les a jamais entendues et que tout son discours n’est en fait «qu’une hypothèse».
Pour le représentant du Parquet, ces déclarations «hallucinantes» ne prouvent qu’une chose: «L’habit de respectabilité que portait l’accusé.» Ce qui le rendait intouchable. Il requiert une peine de quatre ans. Me Martin Ahlström, avocat des plaignantes, demande un verdict de culpabilité envers cet homme qui «prêchait l’amour du Christ» tout en abusant de celles qui lui faisaient confiance. Hier soir, l’ex-salutiste a été condamné à deux ans de prison avec sursis. Il a bénéficié de la circonstance atténuante du long temps écoulé.