Sous le sapin, avec Agnès et Benjamin
Musique | Jaoui et Biolay remportent notre adhésion:
leurs disques de chansons seront dans la hotte de Papa Noël. Alléluia!

© DR | Agnès Jaoui. Formée à la musique lyrique, la comédienne retrouve lorsqu’elle chante le répertoire latino un même plaisir qu’avec Bach ou Haendel. Sans jamais se lasser.
FABRICE GOTTRAUX | 19.12.2009 | 00:00
Comédienne, réalisatrice et, pour la seconde fois de sa prolifique carrière, chanteuse de variété, Agnès Jaoui revient avec un disque de ballades latinos bigarrées. Dans la droite ligne de son précédent album Canta. Fort agréable à l’oreille, la chose s’intitule Dans mon pays. Quant à Benjamin Biolay, l’homme qui s’était fait connaître en coécrivant Chambre avec vue d’Henri Salvador, il est pour beaucoup, publics et chroniqueurs, le chanteur de l’année, porté aux nues par le double album La superbe.
Agnès et Benjamin, voilà qui fait très bien sous le sapin. Madame Jaoui, certes, est à des lieues de la créativité défrisante de Biolay. Pas son ambition, d’ailleurs. Fado, bossa, mornas, milonga… Tout ce qui passe dans le grand mixer des musiques latines, portugaises, brésiliennes, espagnoles ou encore argentines, l’interpelle, l’émeut, lui plaît. En 2009, Agnès Jaoui reprend Olhos nos olhos de Chico Buarque comme Dikanga de la vedette angolaise Bonga, avec qui elle chante en duo. Portée par l’effet de surprise d’un excellent premier album puis une tournée réussie – son groupe plurinational El Quintet Oficial y est pour beaucoup –, Agnès Jaoui s’est mise à l’écriture. Pour le titre homonyme Dans mon pays, notamment. Elle en parle:
«Au cinéma, je ne peux m’empêcher de dire des choses. En tant qu’auteur de chansons, en revanche, je ne suis pas encore satisfaite. Parce qu’en français, pour moi, le texte prime. Idem pour le public. Tandis qu’en brésilien, je m’oublie… Comment je sens ces musiques? Eh bien… Ça a à voir avec la nostalgie, la mélancolie. Parce qu’on me l’a dit. Est-ce passéiste? C’est péjoratif. Alors que je n’ai aucune condescendance pour les musiques latines. J’aime la guitare. Et j’ai une passion pour le mineur. Et c’est pareil avec le classique dans lequel je me suis formé la voix, que ce soit Bach ou Haendel. J’aime le triste. Certains seraient déprimés par la musique de mon iPod! Mais c’est bien un sentiment joyeux qui en ressort.»
Biolay: du petit-lait
Notons encore que le disque d’Agnès Jaoui constitue une jolie introduction au répertoire latino. Tout autre est le projet de Benjamin Biolay. Ce cinquième album, d’aucuns l’ont rappelé maintes fois, ravira les amateurs de chanson française soucieux de goûter à des textes aussi solides que l’exploration musicale. Chose faite avec La superbe, vingt-deux titres déclinés de la symphonie pop (on songe à Gainsbourg, beaucoup) au truc «electro quelque chose». Avec le rock bien sabré en prime, le Benjamin Biolay nouveau évoque, forcément, le nec plus ultra de la chanson, de feu Bashung au fils d’Higelin, Arthur H. La superbe? Superbe!
❚ Agnès Jaoui y el Quintet oficial, «Dans mon pays» (CD Tôt ou Tard/Disques Office
❚ Benjamin Biolay, «La superbe» (2 CD Naïve/Musikevertrieb)