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L’architecture passe au vert

Ecologie | Impossible aujourd’hui de construire sans se soucier du développement durable.

© Kurt Hörbst | Ce projet de «jungle parfumée», conceptualisé pour la ville de Hongkong par le bureau Vincent Callebaut Architectures, prévoit à la fois d’augmenter considérablement les surfaces immobilières à disposition et de diminuer la pollution qui affecte la mégapole chinoise.

FRANÇOISE JAUNIN | 04.08.2009 | 00:01

Le vert est à la mode. Jusque dans l’architecture. Parmi d’autres, une exposition à Paris et deux publications récentes en font foi. Mais bien au-delà d’un trend passager, la préoccupation environnementale fait désormais partie du cahier des charges des bâtisseurs.

Le secteur du bâtiment, rappelle Philip Jodidio dans son livre Green Architecture Now!, est «l’un des plus gros consommateurs de ressources naturelles et représente une part significative des émissions à effet de serre qui affectent le changement climatique». L’impact du bâti sur l’écologie est devenu un enjeu majeur. Et planétaire. «Et si l’architecture verte, se demande-t-il, n’était pas tant un problème d’architecture que de survie?»

Plus d’odeur de chanvre!

Les premiers bâtiments écolos affichaient leur engagement et leur originalité. Ils étaient généralement laids et tarabiscotés. Aujourd’hui, la technologie permet des matériaux «environnementalement» corrects et séduisants à la fois. Avec un brin de malice, l’urbaniste américaine Kelly Meyer note qu’une «construction verte n’a pas à sentir le chanvre».

A l’inverse, toute construction respectueuse de l’environnement n’est pas forcément de la bonne architecture. C’est de la conjugaison entre développement durable et architecture de qualité que le critique d’architecture fétiche des Editions Taschen a tiré ce premier bilan.

Plus que jamais, les méthodes de construction doivent devenir holistiques, c’est-à-dire globales et pluridisciplinaires, tissant des liens entre l’écologie, l’économie, le social et la culture, et impliquant une logique de flexibilité et de recyclage. La question est globale et une partie des réponses aussi: utilisation de l’énergie solaire, recours à l’éclairage naturel, préférence donnée aux matériaux locaux durables et aux formes biomorphiques et fluides, plus sensibles à l’orientation solaire et à la force des vents, toits végétalisés recourant à l’excellent isolant qu’est la terre, réintroduction de la nature en ville… Quant au bois, il est redevenu tendance.

Empirique mais efficace

Il s’agit aussi de trouver – ou retrouver – des solutions locales. On ne construit pas en Arabie saoudite comme en Islande. Bien des bâtisseurs redécouvrent que les architectures vernaculaires, quelque peu dédaignées par le grand mouvement de l’architecture moderne internationale, pratiquaient une écologie empirique extrêmement efficace.

Parmi la soixantaine d’architectes réunis dans ce premier tome, on trouve Norman Foster, l’un des concepteurs de Masdar, la première ville mondiale du «zéro carbone, zéro déchets» à Abu Dhabi; le Japonais Shigeru Ban et ses édifices provisoires en tubes de carton et containers de transport; le Lausannois de Paris Philippe Rahm, pour qui l’architecture du futur n’est pas seulement verte mais intimement liée au climat et à la physiologie; le Tanzanien de Londres David Adjaye, étoile montante de l’architecture durable mondiale; ou le jeune Français Vincent Callebaut, avec son utopiste et futuriste projet de «jungle parfumée» pour Hongkong.

Green Architecture Now! de Philip Jodidio, Editions Taschen, 380 p. (trilingue). Prix indicatif: 55 francs.


Comment remodeler une ville qui change?

De la Norvège au Portugal, voici 48 projets pionniers, sélectionnés par un jury international pour leur caractère exemplaire. Ils ouvrent – 2e tome d’une série commencée en 2006 – les nouvelles perspectives de l’architecture du paysage du XXIe siècle en Europe. Le but de l’opération? Dans des territoires en mutation pour cause d’extension urbaine, reforestation spontanée, zones industrielles et agricoles désaffectées ou infrastructures véhiculaires croissantes, il s’agit de découvrir les nouvelles réponses aux questions émergentes, sur le plan de la nature comme de la société.

Citons pour exemples Bordeaux et son centre remodelé suite à l’installation de nouvelles lignes de trams; Londres et son Potters Fields Park «jardinant» les quais de la Tamise; Paris et ses Jardins d’Eole où une zone industrielle a été rendue (par les Genevois Georges Descombes et Carmen Perrin) à une population défavorisée sous forme de zone de détente; Saint-Gall et sa City Lounge (signée Pipilotti Rist et Carlos Martinez), conçue comme un salon urbain, tout en courbes rouges voluptueuses; ou encore l’Etat de Vaud et son étude Cadrages qui dresse un masterplan du paysage cantonal destiné à en optimiser tant la sauvegarde que le développement.

On Site. Landscape Architecture in Europe, LAE Foundation, Ed. Birkhaüser, 261 p. (anglais). Prix indicatif: 105 francs.




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