Répression en Syrie
Kofi Annan jette l'éponge, faute de soutien
Mis à jour le 03.08.2012 1 Commentaire
Cinquante morts à Hama
Au moins 50 personnes ont été tuées par les forces syriennes au cours d’affrontements avec les forces rebelles dans la ville de Hama (centre), rapportent des habitants et des militants de l’opposition. «Nous ne pouvons pas fuir et de nombreuses familles sont bloquées chez elles», a précisé un habitant.
«Lors des affrontements, l’armée est entré dans le quartier d’Arbaeen et a mené des raids, au cours desquels ils ont tué les membres de trois familles», a dit un habitant, Abou Ammar. Parmi les victimes figurent dix membres d’une famille, huit d’une autre et trois d’une troisième.
Les forces loyales au président Bachar al Assad ont assiégé le quartier d’Arbaeen tôt jeudi, avec l’appui de mortiers et de chars, selon des habitants.
Observateurs rappelés
La mission des observateurs de l’ONU en Syrie (Misnus) va probablement quitter le pays à la fin de son mandat le 19 août, a estimé jeudi l’ambassadeur français à l’ONU, Gérard Araud.
"Honnêtement, je pense qu’il n’y aura pas d’accord (au Conseil de sécurité). Je crois que la mission disparaîtra au 19 août, je crois que c’est très clair", a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse alors qu’il était interrogé sur le sort des observateurs suite à la démission du médiateur Kofi Annan.
"Je ne vois pas de scénario, sauf changement sur le terrain, qui permettrait le maintien de la mission", a-t-il expliqué.
Avec l’intensification des combats, a-t-il ajouté, "la sécurité des observateurs est en jeu. Pourquoi garder en Syrie des observateurs qui doivent rester dans leur chambre d’hôtel 95% du temps?".
Les observateurs, déployés en avril, ont suspendu depuis la mi-juin la plupart de leurs activités sur le terrain et leur nombre a été réduit de moitié, de 300 à 150 militaires non armés.
Le Conseil de sécurité a prolongé le mandat de la Misnus jusqu’au 19 août mais en avertissant que la mission quitterait la Syrie si d’ici là les conditions de sécurité et les circonstances politiques ne s’amélioraient pas très nettement. (afp)
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Kofi Annan a démissionné jeudi de son poste de médiateur de l’ONU et de la Ligue arabe en Syrie après cinq mois d’efforts infructueux. Il a fustigé le manque de soutien des grandes puissances à sa mission.
«J’ai fait de mon mieux», a déclaré Kofi Annan à la presse à Genève, mais «la militarisation croissante sur le terrain et le manque évident d’unité au sein du Conseil de sécurité ont fondamentalement changé les circonstances pour l’exercice effectif de mon rôle». «Je n’ai pas reçu tous les soutiens que la cause méritait», a-t-il poursuivi.
La cheffe de la diplomatie américaine Hillary Clinton a remercié Kofi Annan d’avoir assumé la «lourde tâche» de tenter d’établir une transition politique pacifique, pointant le blocage du Conseil de sécurité qui a privé le médiateur des «outils nécessaires pour faire avancer sa cause».
Le Conseil de sécurité de l’ONU n’a jusqu’à présent pas réussi à faire pression sur les protagonistes du conflit syrien, et en premier lieu sur Damas, à cause de l’obstruction systématique de Moscou et Pékin, qui ont mis leur veto à trois reprises à des projets de résolutions occidentaux au Conseil.
Mme Clinton a souligné que Kofi Annan avait «travaillé sans relâche à la construction d’un consensus», et assuré une fois plus les Syriens du soutien des Etats-Unis. «Nous restons attachés à la mise en oeuvre d’une transition politique rapide telle que conçue par le plan Annan».
Plus tôt, la Maison blanche avait rendu Moscou et Pékin responsables de l’échec de M. Annan, jugeant les veto russo-chinois «hautement regrettables».
Urgence d’un cessez-le-feu
Pour le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, cette démission «illustre l’impasse dramatique du conflit syrien»: «L’urgence d’un cessez-le-feu, du départ (du président syrien) Bachar al-Assad et d’une transition politique (...) est plus pressante que jamais».
Saluant le travail de Kofi Annan, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a quant à lui souligné que son plan «offrait toujours la meilleure chance» de restaurer la paix.
Le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle a de son côté jugé que si ce plan de paix avait échoué, c’était «surtout parce que le régime Assad n’avait pas tenu sa parole de respecter l’accord». «Il est plus que temps que la Russie et la Chine arrêtent de le couvrir», a-t-il dit.
Le président russe Vladimir Poutine a, lui, qualifié cette démission de «très regrettable», estimant toutefois qu’elle ne devrait pas décourager les efforts pour trouver une solution diplomatique au conflit.
Regrettant de même cette démission, la Chine a assuré que Pékin allait continuer de «travailler à une solution politique» au conflit. «Entraves» dénoncées Damas a de son côté accusé les «Etats qui cherchent à déstabiliser la Syrie» d’avoir «entravé» la mission Annan.
Kofi Annan avait proposé un plan en six points prévoyant une cessation des combats et une transition politique. Mais ce plan n’a jamais été appliqué. La «transition» signifie que Bachar al-Assad doit «tôt ou tard» partir, a-t-il affirmé jeudi.
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon avait auparavant annoncé que M. Annan quitterait son poste le 31 août. M. Ban a entamé des consultations avec son homologue de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, pour «nommer rapidement un successeur» car, selon lui, le plan Annan «reste le meilleur espoir pour le peuple de Syrie».
A l’ONU, l’ambassadeur français Gérard Araud a déclaré «qu’à (son) avis», la mission des observateurs sur le terrain en Syrie «disparaîtra» à la fin de son mandat le 19 août.
Résolution
L’Assemblée générale de l’ONU doit voter vendredi sur une résolution présentée par le groupe des pays arabes qui dénonce le bombardement des villes rebelles par l’armée syrienne et réclame une transition politique en Syrie.
Cette initiative a une portée essentiellement symbolique puisque l’Assemblée ne peut émettre que des recommandations, contrairement au Conseil de sécurité. (afp/Newsnet)
Créé: 02.08.2012, 22h42
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La rédaction
1 Commentaire
C'est Poutine qui a le beau rôle: fournisseur d'armes aux assassins Syriens.Et c'est lui le moralisateur...Peur de perdre un gros client et beaucoup de dollars! Répondre





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