Syrie
Damas, théâtre de violents combats, vit au ralenti
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Les rebelles syriens ont pris le contrôle jeudi de la frontière avec l’Irak et se sont emparés d’un poste- frontière avec la Turquie, infligeant un nouveau camouflet au régime de Bachar al-Assad. A l’ONU, la Russie et la Chine ont opposé leur veto à une résolution occidentale menaçant la Syrie de sanctions.
Les violences ont continué de plus belle avec plus de 250 tués à travers le pays, notamment dans les combats entre soldats et rebelles et les bombardements menés par les forces du régime dans Damas et sa région, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Au moins 214 personnes au total avaient péri mercredi, dont 38 à Damas, selon l’OSDH.
Coupant court aux rumeurs alimentées par le silence de Bachar al- Assad après l’attentat sans précédent mercredi qui a tué trois de ses proches collaborateurs, un conseiller du président a affirmé à l’AFP qu’il se trouvait au palais présidentiel à Damas où «il dirige les destinées du pays».
La télévision d’Etat a diffusé des images le montrant avec le nouveau ministre de la Défense Fahd al-Freij qui remplace Daoud Rajha, tué avec le beau-frère du président, Assef Chawkat, et Hassan Turkmani, chef de la cellule chargée de réprimer la révolte qui secoue le régime depuis 16 mois.
Des centaines d’habitants fuient
Leurs funérailles nationales sont prévues vendredi à Damas, alors que les militants antirégime ont appelé à des manifestations à travers le pays sous le slogan «le ramadan de la victoire sera écrit à Damas», en allusion à la «bataille de libération» de la capitale syrienne lancée par les rebelles. «Les traîtres, les agents et les mercenaires se font des illusions s’ils pensent que la Syrie va courber la tête face à ce coup, même s’il fait mal», a écrit le journal du parti au pouvoir, «al-Baas», après l’attentat de mercredi.
Au moment où des milliers de personnes fuyaient les violents combats dans la capitale et que la peur s’y installait à la veille du début du mois de jeûne musulman du ramadan samedi, les autorités irakiennes ont affirmé que les rebelles syriens avaient pris le contrôle de la frontière avec l’Irak voisin.
«La totalité des postes-frontières entre l’Irak et la Syrie sont désormais sous le contrôle de l’Armée syrienne libre» (ASL, essentiellement composée de déserteurs), a annoncé le vice-ministre irakien de l’Intérieur Adnan al-Assadi.
Violences à la hausse
A la frontière avec la Turquie, les rebelles se sont emparés du poste-frontière de Bab al-Hawa. Ils y ont «détruit une photo de Bachar al-Assad et ce après le retrait des troupes régulières», a affirmé le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.
Et un général syrien a fait défection et s’est réfugié en Turquie, ce qui porte à 21 le nombre de généraux syriens qui ont fui le conflit dans leur pays, a indiqué le ministère turc des Affaires étrangères.
Avec l’accélération des événements dramatiques à Damas, le chef du Conseil national Syrien (CNS), Abdel Basset Sayda, a estimé que le régime vivait «ses derniers jours». Face à l’offensive des rebelles à Damas, l’armée a intensifié ses opérations, prenant d’assaut pour la première fois un quartier de la capitale, Qaboun (est), avec «plus de 15 chars et transports de troupes blindés», selon l’OSDH.
Demande
«Ces combats d’une extrême violence devraient se poursuivrent pendant les prochaines 48 heures pour nettoyer Damas des terroristes avant le début du ramadan», mois de jeûne musulman qui est sur le point de commencer, a indiqué jeudi une source de sécurité dans la capitale.
L’armée a demandé à la population de s’éloigner des zones de combats dans la capitale où la vie est presque paralysée avec des rues bloquées, des magasins fermés et des taxis de plus en plus rares.
Selon une source de sécurité libanaise, plus de 18 600 Syriens, originaires notamment de la région de Damas, ont fui depuis mercredi au Liban. Les autorités irakiennes ont pour leur part fait état de milliers d’Irakiens fuyant la Syrie.
A l’ONU, le double veto russo-chinois est le troisième aux tentatives de l’ONU pour faire pression sur Damas depuis le début du conflit en Syrie il y a 16 mois. Les deux premiers datent d’octobre 2011 et de février 2012.
Mesure par l’ONU
Les Etats-Unis et la France ont eux estimé que ce veto mettait en péril la médiation internationale de Kofi Annan qui s’est dit «déçu» après ce vote.
L’ONU a toutefois décidé d’envoyer à Damas un haut responsable militaire pour prendre en main la mission d’observation de l’ONU après le départ du général Robert Mood, qui s’est rendu à Genève, en attendant une décision politique sur le sort des observateurs.
Moscou a justifié sa décision en affirmant que la résolution «ouvrait la voie» à une intervention militaire en Syrie. (afp/Newsnet)
Créé: 19.07.2012, 16h50
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