Chêne-Bougeries
Agressée devant sa maison: «Il voulait me tuer»
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Nathalie, 46?ans, revenait d’une semaine de vacances en Autriche. «C’était une semaine antistress», raconte cette Suissesse d’origine anglaise. Pas de chance pour elle, à peine franchit-elle le portail de sa maison de Chêne-Bougeries, dimanche, qu’un individu l’agresse. Et tente de l’étrangler. «Il voulait ma peau», confie la quadragénaire, qui nous a reçus hier à son domicile pour évoquer le drame dévoilé sur le site Internet du Matin. Dimanche soir, Nathalie arrive chez elle vers 22?h?45. En taxi. Elle ne le sait pas encore, mais la veille, à quelques kilomètres de là, deux malfrats ont violemment agressé une femme de 79?ans (lire encadré). Nathalie paie le taxi et pénètre dans son jardin. Elle s’apprête à retrouver son mari, Gabriel, ses deux enfants et ses trois chiens.
«J’ai cru à une blague»
«La voiture de mon époux bloquait le passage pour accéder à la porte d’entrée. J’ai donc dû tirer ma valise sur le gazon. Ce n’était pas évident», confie-t-elle. Soudain, elle sent un bras autour de son cou. «J’ai cru que c’était une blague.» Nathalie comprend rapidement qu’elle est victime d’un malfrat. «Il m’a tirée au sol. Violemment. J’étais dans mon jardin, à une quinzaine de mètres de ma maison. J’ai hurlé, mais je ne sais pas si ma famille m’a entendue.»
Pour étouffer les cris de la victime, l’agresseur plaque ses mains sur sa bouche. «Il m’a traînée sur cinq ou six mètres vers le portail. Je me suis dit: «Il veut ma peau, il veut me tuer.» J’ai senti qu’il m’a planté un truc dans le cou. Un couteau ou un cutter, je ne sais pas.»
Nathalie, 1,70?m pour 60 kilos, tente de se débattre. «Mais il continuait de me tirer. Il avait mis une espèce de corde autour de mon cou. Il voulait m’étrangler. Il me tirait aussi les cheveux. A force de m’agiter, je ne pouvais plus respirer. Je me suis évanouie. Mon agresseur a dû penser que j’étais morte.»
La quadragénaire rouvre les yeux quelques minutes plus tard. Son bouledogue est devant elle. Le malfrat, lui, a disparu. Sans rien voler. «Je me demande s’il ne voulait pas commettre un vol dans notre maison», raconte Nathalie, rappelant que sa voisine a été cambriolée à trois reprises et qu’au bout de la rue, un habitant a été victime d’un car-jacking. Tout comme Nathalie, les enquêteurs pencheraient pour la piste du cambriolage. L’agresseur se serait caché dans le cabanon du jardin, il avait dans la main le manche en bois d’un outil.
«Il m’a frappée à la tête avec cet outil, je pensais que c’était un bâton», dit Nathalie. A-t-elle vu son agresseur? «Oui, il n’avait pas le visage masqué. Il doit avoir entre 30 et 40?ans et était de type méditerranéen. J’ai essayé de lui parler, mais il ne m’a pas répondu. Je lui ai dit qu’il pouvait prendre tout ce qu’il voulait. Aucune réponse.»
Après l’agression, Nathalie pénètre dans sa maison. Le visage en sang. Son mari appelle la police. Qui arrive rapidement. La victime est transportée à l’hôpital. «J’ai dû être recousue à la tête et à la gorge. Je suis restée à l’hôpital environ cinq heures. J’ai aussi discuté avec une psy.»
Traces d’ADN prélevées
Deux jours après le drame, Nathalie se réjouit d’être «toujours vivante». Et ne cache pas qu’elle sera «plus alerte à l’avenir. Je ferai plus attention en rentrant chez moi. En neuf ans ici, je n’ai jamais été agressée et je ne pensais pas que je le serais un jour.»
Même si elle assure qu’elle gère bien la situation, Nathalie pense à ses enfants. Alors, pendant une semaine en tout cas, un Protectas vivra 24?h/24 avec sa famille. «Et j’ai décidé de prendre des cours d’autodéfense», annonce-t-elle. Quid de l’agresseur? Il court toujours. Selon nos sources, les inspecteurs ont prélevé des traces d’ADN sur la bouche et les mains de Nathalie. Dans quelques jours, ils sauront si l’agresseur est fiché. Si ce n’est pas le cas, l’enquête diligentée par la procureure Tatiana Aliberti n’en sera que plus compliquée. «J’espère qu’il sera coffré, confie Nathalie. Dans l’immédiat, j’incite vos lecteurs à faire preuve de vigilance en rentrant chez eux. Pour ne pas vivre le calvaire que j’ai enduré pendant quelque dix minutes dimanche.» (TDG)
Créé: 21.02.2012, 19h09





